CATASTROPHES NATURELLES : L’aide internationale est-elle toujours efficace ?

L’aide internationale est-elle réellement efficace lors de catastrophes naturelles ?

Une aide humanitaire, qu’elle soit locale ou internationale, de plus ou moins grande ampleur, propose constamment un soutien non négligeable lors de catastrophes naturelles. Nous serions tentés de dire que chaque intention est noble et louable, mais, contrairement aux croyances communes, certains organismes n’œuvrent pas toujours pour le bien des populations victimes de ces catastrophes.

Angelo_Giodarno / publié le 16 décembre 2013 / source : Pixabay

1- Aide internationale : Sur les prémices du précipice…

 

Depuis maintenant des décennies, les associations humanitaires à but lucratif et non-lucratif œuvrent pour le bien de l’humanité. Des actions caritatives dans les pays défavorisés aux entraides d’urgence lors de catastrophes naturelles, toutes intention semble honnête et tout à fait louable. Ce ne serait que mensonge d’avancer qu’une aide internationale n’est pas utile, ni efficace, mais certaines organisations se permettent d’utiliser des catastrophes comme prétexte pour agir à l’encontre de leur cause initialement noble.

C’est notamment le cas lors du séisme qui a touché Haïti le 12 janvier 2010. Causant pas moins de 300 000 morts et 1,5 millions de sans-abris, ce tremblement de terre de magnitude 7,3 avait été particulièrement destructeur. Alors que les aides locales et internationales affluaient en grand nombre, l’Oxfam (Oxford Committee For Famine Relief), organisation humanitaire agissant contre la défavorisation des pays sous-développé, s’est permise d’utiliser les fonds de l’entreprise pour se payer un peu de plaisir en achetant des prostitués. Plus exactement, l’ancien directeur de l’Oxfam Roland Van Hauwermeiren, avait cédé aux accusations en 2011 en avouant avoir eu des relations tarifiés avec une prostitué dans son logement financé par l’organisation. Il n’est alors plus question de savoir si son intervention était utile ou non, mais si elle était réellement efficace. Ces fonds auraient pu servir à bien d’autres victimes du séisme.

Le scandale ayant touché Oxfam en 2010 a lancé une sorte de phénomène de mode, permettant la mise en évidence d’autres affaires malhonnêtes causées par d’autres organisations. Médecins Sans Frontières (MSF) en faisait partie, lorsque, dans un publié de 2017, cette dernière recensait vingt-quatre abus sexuels au sein même de l’ONG. Sur 146 plaintes ou alertes reçues par la direction de l’organisation, quarante cas ont été identifiés comme des cas d’abus ou de harcèlement au terme d’une investigation interne. Cette affaire ne concerne pas un scandale pendant une intervention post-catastrophe naturelle, mais pouvons-nous placer notre entière confiance en une organisation qui ne semble pas totalement blanche ? Une fois de plus, nous ne pouvons juger leurs interventions, mais une idée ternie de leurs intentions pourrait nuire à leur efficacité future.

 

2- Après le calme… La tempête.

 

Hormis les scandales auxquelles certaines organisations peuvent s’adonner, il faut, en dehors de l’aide humaine apportée, récolter des fonds destinés principalement à la reconstruction des infrastructures. Reprenons le cas d’Haïti. Un séisme ravageur avait causé, le 12 janvier 2010, de lourds dégâts humains et matériels. Une estimation avait été faite, démontrant que plusieurs milliards de dollars étaient nécessaires afin de reconstruire une partie des maisons et monuments détruits par le tremblement de terre. Sur les 2.4 milliards de dollars récoltés par l’ensemble du globe, seul 86.4 millions de dollars ont été donnés aux Haïtiens pour la reconstruction. Soit seulement 3.6 % des fonds récoltés ! Mais où est donc passé tout cet argent ? L’envoyé spécial des Nations unies pour Haïti a révélé que l’argent du fonds humanitaire avait été distribué de la façon suivante : 34 % ont été renvoyés aux organismes civils et militaires des donateurs pour l’intervention d’urgence, 28 % attribués à des agences des Nations unies et à des ONG, 26 % alloués à des sociétés privées et à d’autres ONG, 5 % reversés à des sociétés nationales et internationales de la Croix-Rouge, 1 % a été versé au gouvernement haïtien et 0,4 % à des ONG haïtiennes.

Les fonds levés par le monde entier est quasiment entièrement utilisé pour l’aide humanitaire déployée. Celle-ci étant indispensable, nous ne pouvons pas trop lui reprocher, mais les dons sont censés aussi permettre la reconstruction des édifices. Or, nous pouvons voir un nouvel aspect de l’inefficacité des organisations humanitaires qui laissent, dans le cas d’Haïti, plus de 1.5 millions d’habitants sans-abris. Deux ans plus tard, 500 000 d’entre eux sont toujours sans-abris.

 

3- Soyons positifs

 

Il est nécessaires d’avancer des arguments contredisant les causes nobles des associations humanitaires, obligeant ainsi à dévoiler leur véritable visage. Mais n’oublions pas qu’il s’agit essentiellement d’une minorité et que chaque organisation agit pour le bien de l’humanité. Les écarts de certaines personnes ne devraient pas mettre en péril l’image des organisations qui œuvrent pour le bien. Sans elles, les dégâts humains seraient bien plus importants.

Capri23auto / publié le 4 février 2018 / source : Pixabay

Pour conclure, nous pouvons voir que les associations humanitaires possèdent des intentions tout à fait louable et qu’elles œuvrent pour le bien de l’humanité. Malgré une efficacité pouvant laisser à désirer à certains moments, elles sont indispensables lors de catastrophes naturelles.

 

Paul LE RIBLER

Arthur GELY

 

 

Patricia Jolly, Abandonnés du “Bondye”, Le Monde [en ligne]. Mis en ligne le 24 octobre 2016, [consulté le 5 mars 2019], disponible sur : https://www.lemonde.fr/planete/article/2016/10/24/haiti-a-moron-apres-le-passage-de-l-ouragan-matthew_5018987_3244.html
Reportage à Moron, en Haïti, après le passage de l’ouragan Matthew en octobre 2016 : l’organisation de l’aide d’urgence et la distribution de produits de première nécessité apportés par les ONG ; des quantités insuffisantes et la nécessité d’effectuer des choix parmi la population pour désigner les bénéficiaires ; les difficultés dans la prise en charge des blessés et malades.
Julien Bouissou, Partir ou reconstruire, le dilemme des migrants népalais, Le Monde [en ligne]. Mis en ligne le 06 août 2015, [consulté le 5 mars 2019], disponible sur : https://www.lemonde.fr/planete/article/2015/08/08/partir-ou-reconstruire-le-dilemme-des-migrants-nepalais_4716902_3244.html
La situation des habitants après le séisme du 25 avril 2015. Le manque massif de main-d’oeuvre pour la reconstruction des habitations, mais également les difficultés pour l’approvisionnement en eau et la distribution de l’aide humanitaire, poussent les Népalais à Partir.
Le Monde avec AFP, Ce que l’on sait du scandale de l’ONG Oxfam, Le Monde [en ligne]. Mis en ligne le 21 février 2018, [consulté le 5 mars 2019], disponible sur : https://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/21/ce-que-l-on-sait-du-scandale-de-l-ong-oxfam_5260004_3210.html
Après le séisme qui a touché Haïti, l’organisation humanitaire Oxfam utilise des fonds caritatifs pour se payer des prostitués.
Le Monde avec AFP, Médecins Sans Frontières confrontée à 24 cas de harcèlements ou d’abus sexuels en 2017, Le Monde [en ligne]. Mis en ligne le 14 février 2018, [consulté le 5 mars 2019], disponible sur : https://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/14/l-ong-medecins-sans-frontieres-confrontee-a-24-cas-de-harcelement-ou-d-abus-sexuels-en-2017_5256911_3210.html
L’ONG Médecins Sans Frontières doit faire face à un recensement de 24 abus sexuels au sein de leur organisation.
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7 réponses à CATASTROPHES NATURELLES : L’aide internationale est-elle toujours efficace ?

  1. btsenil dit :

    Le sujet que vous avez traité est très intéressant et relativement bien maîtrisé. On voit que vous savez construire un blog, la présentation est bien faite. L’article est je trouve complet, détaillé et plaisant à lire.
    MARILLER Robin

  2. btsenil dit :

    Votre article m’a interpellé car votre thème et semblable à un de mes thèmes récemment étudié. De plus je l’ai trouvé interessant car il nous dévoile où va l’argent des donateurs où va celui-ci.

    LEJEUNE

  3. btsenil dit :

    J’ai adoré lire cette article pour plusieurs raisons : Tout d’abord le blog est rédiger avec un vocabulaire et une expression très agréable à lire. De plus on voit que votre sujet est très bien maitrisé et est riche en information. Ensuite, votre blog nous fait découvrir la face cachée de certaines associations qui détournent la majeure partie des fonds dans le simple but de satisfaire les désirs des membres ce qui je trouves est intolérable ! Je vous remercie d’avoir travaillé sur ce sujet car il m’a fait apprendre beaucoup de choses.
    VICHOT Mickaël

  4. btsenil dit :

    très bon sujet avec un blog bien construit et complet,on voit que le vocabulaire et le sujet est bien maîtrisé.
    Ce blog est très agréable a lire et nous enseignent les actions des associations ne sont pas forcement positifs
    senechal brice

  5. btsenil dit :

    Sujet intéressant, les catastrophes naturelles sont des phénomènes graves et il est intéressant de voir que les associations humanitaires ne font pas que du bien. Très bien écrit, aucune faute, grammaire et vocabulaires excellents. Très bon travail.
    Aymeric moulière

  6. btsenil dit :

    Très bonne mis en forme et titre pertinent. Des alinéas en plus aurai fait un article encore plus agréable à lire.

  7. btsenil dit :

    J’apprécie beaucoup votre article puisque les catastrophes naturelles peuvent toucher n’importe qui, n’importe où! Il existe des associations humanitaires venant en aide aux sinistrés. Il est donc très intéressant d’avoir des informations sur ce sujet. De nombreuses qualités de rédaction sont présentes notamment avec les hyperliens et de nombreuses images ont été intégrés( avec leurs sources et bien évidemment libre de droits). Je recommande donc cet article.
    Bertinelli Thomas