Dans quelles limites éthiques la science doit-elle chercher à compenser le handicap physique ou mental des pratiquants de handisport ?

Il est nécessaire de distinguer les conditions matérielles du bien-être et les conditions morales. Les premières sont possibles par les progrès de la science, quant aux deuxièmes, elles impliquent une réflexion sur les valeurs du monde scientifique.

Le domaine de la technique produit des objets qui répondent aux besoins matériels de l’homme. Certains d’entre eux appliquent un savoir scientifique, et pour lesquels un enseignement théorique s’allie à un apprentissage pratique. Les progrès de la technique permettent à l’homme de s’affranchir de la nature de la médecine (science) réduit les faiblesses de celui-ci. Cette approche fait de l’homme un « être déficient » et faible sur le plan naturel, faiblesse que l’invention de la technique est appelée à combler. Les sciences de la nature et leurs applications techniques ont connu un essor fulgurant, permettant à l’homme de dominer la nature et son environnement. L’homme est conscient de sa puissance technique. L’intériorité humaine est guidée par l’intérêt et le besoin que les innovations techniques doivent satisfaire et par une quête de vérité sur le monde et sur nous-même. Le bionisme permet de ce fait de dépasser des limites jusqu’alors infranchies. Les progrès de la technique permettent à l’homme de s’affranchir de la nature et la médecine éradique les maladies.

     La science grâce aux progrès techniques a permis à de nombreuses personnes de compenser leurs handicaps, de facilité leurs intégrations dans la société, de leurs ouvrir les portes du monde sportif. Celui-ci leur a été refusé longtemps et créait des citoyens isolés du reste de la population d’où la création de méthodes de réflexion tout en mêlant le sport.

La sophrologie et la méthode Target

La sophrologie est une science qui cherche à trouver un équilibre entre trois piliers : l’émotion, la cognition (étude de la conscience) et le comportement. Elle utilise pour ce fait, le principe d’action positive (penser positivement et agir positivement), le principe d’intégration du schéma corporel comme réalité vécue (utiliser une technique correcte) et le principe de réalité objective (science de la conscience et des valeurs de l’existence).

Cette science travaille sur des notions très importantes pour des personnes en situations d’handicap. Elle prône le dialogue, il s’agit de prendre le temps de discuter avec le sportif afin de cerner au mieux le patient et de s‘adapter à sa personnalité et ses objectifs. L’adaptation, le sophrologue doit s’adapter à la pratique sportive de la personne en utilisant des techniques simples et un matériel adapté. Le but final est de permettre à l’athlète de maintenir une motivation dans son activité sportive mais également que le patient devienne autonome et de ce fait, libre.

La méthode Target et la sophrologie sont un ensemble qui à terme font que le sportif ait la sensation du « dépassement de soi ». Qu’il développe sa motivation grâce à la hiérarchie des besoins, sa capacité de perception avec l’aide des cinq sens, la gestion du stresse à l’aide du signe-signal d’optimisation, sa mémorisation, sa créativité en utilisant un entrainement bilatéral du cerveau, sa confiance en soi avec le sophro-renforcement positif. Tous ses points, qui, pour des sportifs de handicaps peuvent faire défaut à un moment donné ou un autre dans leur carrière sportive de haut-niveau.

Afin d’équilibrer sa confiance en soi, il faut développer sa motivation. Cette motivation est portée par trois piliers fondateur, soit : l’énergie, les émotions et l‘estime de soi. Tous ses piliers peuvent cependant être positifs comme négatifs.

Cette citation montre également un point de vue sur la pratique d’handisport et les biens-faits du sport : « Rien ne vaut la santé, rien ne vaut le sport ! Allier les deux, reste le meilleur moyen de garder une vie saine, d’éviter les problèmes de sédentarité, de surpoids, les problèmes cardiaques, permet de mieux vivre et mieux vieillir. » Edouard Cohen

     Le domaine de la technique produit des objets qui répondent aux besoins matériels de l’homme, dans notre cas, les pratiquants d’handisports. Certains d’entre eux appliquent un savoir scientifique, et pour lesquels un enseignement théorique s’allie à un apprentissage pratique. La forte liaison entre science et technique donne aux hommes plus de pouvoir et de puissance pour compenser leur faiblesse.

Progrès technique en science et nouvelle technologie

      L’homme est toujours à la recherche d’une évolution, c’est pourquoi, il repousse de plus en plus les limites de l’évolution et celui du corps humain. Le bionisme à travers le transhumanisme serait selon les scientifiques un “passage obligé” de notre espèce d’où aujourd’hui l’existence des exosquelettes.

L’alliance de la science et de la technique a donné naissance aux XXe siècle, un concept de technologie qui désigne l’application des sciences physiques à l’utilisation des énergies transformées comme l’électricité pour le fonctionnement des machines. La technique moderne n’est plus un simple savoir-faire mais un « univers technologique » dans lequel, les objets sont en perpétuelles évolutions. Jusqu’à voir aujourd’hui à des exosquelettes ou autres technologies de plus en plus performantes. Cet univers a changé l’apparence de notre monde et des habitudes des pratiquants de handisports. Platon montre dans un mythe célèbre (mythe de Prométhée) que la technique a pour fonction de faciliter la survie de l’homme.

La création des exosquelettes (squelette externe qui se trouve en dehors du corps tel une carapace) est une révolution. Cette technologie développée par une science pointue peut aujourd’hui permettre à des personnes en situations de handicap de se déplacer plus aisément et de façon verticale, un grand plus pour ses personnes. De la force surhumaine jusqu’au redynamise du corps, cette prouesse technologie vend du rêve. Commandé directement par le cerveau grâce à des systèmes sophistiqués de capteurs sensoriels qui détectent les impulsions électriques des terminaison nerveuses. Cette machine effectue sans effort tous les mouvements indiqués.

Nos outils et nos machines, soutenus par les sciences, rendent possible une efficacité sans précédent, mais cette réussite peut inquiéter, « les progrès de la science grâce aux techniques est dangereuse ». Les risques que celle-ci fait courir à certains athlètes constituent une menace pour leurs santé physique et/ou moral.

Image par Gerd Altmann de Pixabay

     Malgré ce que l’on peut penser, la technologie n’a pas que des points positifs sur les pratiquants de handisports. Bien qu’elle participe dans un renouveau chez la personne en situation de handicap. Elle peut, lors d’excès être néfaste sur ses personnes.

Pratiques taboues et dopage

La science et la technologie ne se limitent pas à des machines, elles peuvent aussi se trouver dans la production de produits dopants. Le dopage est un moyen chez certains sportifs de rétablir l’égalité des droits des personnes en situations de handicap grâce à de nombreux produits destiné “à compenser, à contrôler, à soulager ou à neutraliser les incapacités, les limitations d’activité.” De plus, les progrès techniques de la science permettent de satisfaire de plus en plus facilement les besoins et les désirs des pratiquants d’handisport. La plupart des pratiquants d’handisport sont guidés par l’intérêt et le besoin que les innovations techniques peuvent satisfaire et par une quête de liberté sur eux-mêmes. Cependant certains toujours avide de plus de liberté et de reconnaissance on recourt à des méthodes taboues dans nos sociétés : le dopage.

Image par jorono de Pixabay

     Le dopage au niveau sportif est connu depuis longtemps. Ce n’est que depuis quelques décennies que celui-ci se voir sujet à des limites éthiques. Alors que durant les années 1990 le dopage était courant et reconnu de tout le monde, aujourd’hui, de nombreux mythes et polémiques en font un sujet à scandale. De nos jours, bons nombres de types de dopage ont vu le jour : érythropoïétine (EPO), transporteurs d’oxygène synthétiques, transfusions sanguines, utilisation de certaines hormones (testostérone, …), amphétamines, tomber enceinte, mutilation, scarification, sang ou « produits » d’origine animale. Au final, toutes ses méthodes sont regroupées dans trois catégories : manipulation de sang, manipulation physique et chimique, dopage génétique. Ses méthodes pausent clairement des problèmes et surtout des questionnements sur les limites éthiques. Jusqu’où la science peut-elle aller pour permettre aux sportifs en difficultés et plus spécifiquement les personnes en situation de handicaps d’améliorer leur performance ?

 

Pour conclure, les sciences de la nature et leurs applications techniques ont connu, connaissent et connaîtront toujours un essor formidable permettant à l’homme de dominer la nature et son environnement. L’homme est conscient de sa puissance technique. Les innovations sont chaque jour plus nombreuses et il sera très important dans les années qui viennent de réfléchir aux limites éthiques à fixer afin de ne pas créer des technologies qui puissent être utilisées à des fins dangereuses pour l’Homme comme notamment l’eugénisme.

Je vais finir en laissant cette petite citation qui résume une bonne partie de ma problématique : « Le sport ignore la pitié et l’accès à la pratique sportive n’est pas un acte de mendicité pour le sujet handicapé, mais bien au contraire une affirmation de volonté envers les valides » Professeur Albert Tricot

 

Léa BAGARD

 

Bibliographie:

Dominique Pailler, Jean-Claude Druvert, Eric Laboute, Bernard Piéra. Le sport autrement. Chiron, octobre 2013. 282 pages. Sport et Santé.

Goetghebuer, Gilles. Dopage: Le livre qui fait le point sur les mythes, les mensonges et sur le scandale permanent. La boîte à pandore, 2014. 141 pages.

Perreaut-Pierre, Edith. La Sophrologie et performance sportive. Editions Amphora, 2002 .191 pages.

Target Christian, Petitjean Ingrid. La bible de la préparation mentale, la méthode Target, de la théorie à la pratique. Editions Amphora, 2012. 763 pages. Préparation mentale et coaching.

Westelynck Guislaine, Ngo Mai-Anh, Rivière Gaël. Charte de déontologie et d’éthique de la Fédération Française de Handisport. In handisport [en ligne]. 22 janvier 2018 [consulté le 05 décembre 2019]. Disponible sur http://www.handisport.org/documents/federation/Charte-Ethique_FFH_2018.pdf.

De Riedmatten Eric. XXIe siècle, les innovations qui vont changer notre vie. Archipel Eds De L’, septembre 2005. 480 pages.

Soon Soon Soon. 100 innovations qui vont changer votre vie. Dunod, 14 octobre 2015. 192 pages.

Fiche technique: la part CNDS dédiée à l’aquisition de matériel spéficique pour la pratique sportive des personnes en situation de handicap. In Sport Handicaps [en ligne]. [consulté le 06 décembre 2019]. Disponible sur http://www.handisport-herault.org/project/resources/apps/fiche_technique_materiel.pdf.

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4 réponses à Dans quelles limites éthiques la science doit-elle chercher à compenser le handicap physique ou mental des pratiquants de handisport ?

  1. btsenil dit :

    Un bon sujet d’étude appréhendé sous différents aspects.Dommage qu’il manque certaines choses (image pour la première partie, manque titre sous les images, pas d’hyperlien renvoyant vers des notions clefs, faute pour le nom propre de Platon).
    Bonne idée de mettre des citations.

    LUCAS JEANNIN

  2. btsenil dit :

    Sujet très intéressant de part sa nature, avec les diverses questions éthiques. Un plan bien réalisé, nous permet de comprendre chacun des domaines où des questions d’éthique entre en jeu. Vos propos ont été très bien illustrés grâce aux nombreuses citations ainsi qu’aux différentes photographies.

    CULLY Loïc

  3. Vigneront Gaétan dit :

    Un sujet très intéressant. Le plan est très précis et détaillé, ce qui nous permet de nous situé dès le départ, malgré un titre assez complexe.
    La partie sur le dopage que vous développez et très bien réalisée, elle dénonce sans être provocatrice et nous aide à comprendre cette technique.
    Vos propos sont très intéressant, et bien illustrés que se soit par les images ou les citations.