La maîtrise des technologies d’écoute et de télésurveillance participent-elles à l’hégémonie économique ?

A l’heure actuelle, internet fait partie intégrante de notre vie. En effet tout nous est accessible sur la toile, les courses, le mobilier, l’électroménager, le high-tech, des rencontres amicales ou amoureuses. Toute notre vie peut être tracé et toutes ces informations sont stockées. Mais par qui ces informations sont elles récoltées, pourquoi, et à quoi servent elle? Il y a t-il un but économique derrière tout cela, profit-il à quelqu’un, une entreprise, un État ?

C’est pourquoi nous avons fournis un effort de recherche accrues afin de répondre à ces incertitudes et de lever le doute, pour vous fournir les notions nécessaires à la compréhension d’un grand rapport de force qui se joue dans les coulisses de la scène mondiale.

source : gqmagazine.fr

source : gqmagazine.fr

Le pouvoir des géants du net

Des géants du net tels que IBM, Google, Yahoo, Microsoft ou encore Facebook recueillent des données personnelles qui peuvent se faire parfois à notre insu en traçant nos clics par le biais de petits logiciels tel que les cookies ; ou bien des fois nous allons simplement nous même leur donné nos informations, âge, nom prénom, adresses, mail, numéro de téléphone, carte de crédit, etc. Nous rentrons ces données pour nous inscrire sur des sites d’achat en ligne, pour la banque, etc. Et tout ceci sera automatiquement sauvegarder sur un serveur. Certaines de ces informations sont protégées de droit, mais pas toutes. Les grands du net disposent de gigantesques serveurs et de quasiment toute notre vie, ils vont s’échanger ces informations afin d’enrichir leur base de données. Heureusement ces données sont cryptées et protégées. Mais réfléchissons-y deux minutes. Imaginons qu’une de ces sociétés ne soit pas très scrupuleuse quant au respect des droits de la vie privée. Imaginez vous la puissance que cela lui apporte, du contrôle de votre vie quelle peut avoir et des intérêts économiques quelle pourrait en tiré? Car en effet les citoyens ne sont pas les seuls à risqués ce genre de problème, des entreprises aussi, disposant d’avancés technologiques, des brevets, des recherches scientifiques etc.

source : http://www.internetactu.net/2010/09/07/economie-de-surveillance/

source : http://www.internetactu.net/2010/09/07/economie-de-surveillance/

La surveillance des états et leur pression sur les géants du net

PRISM (Planning tool for Resource Integration, Synchronisazion, and Managament), le programme lancé en 2007 émane de la NSA (National Security Agency). L’agence de renseignements s’assure sur demande un accès aux serveurs des géants américains du Net. Toutes les informations qui transitent par Google, Facebook, Microsoft, Yahoo!, YouTube, Apple, Skype peuvent être facilement interceptées sans aucune demande préalable ni autorisation de la justice. Google se dit «scandalisé» par cette intrusion.

Les répercussions négatives du programme PRISM n’ont pas fini d’ébranler l’économie numérique. On savait déjà que l’espionnage en ligne avait affecté la confiance des internautes vis-a-vis des géants du net américain, avec à la clé plus de 30 milliards de dollars de perte potentielles ces prochaines années. Voila qu’un récent sondage montre que PRISM a eu un effet jusque sur les achats en ligne.

Un simple soupçon, et toute votre vie sur Internet est livrée aux espions (historique, communications, messages, etc.) répète Edward Snowden dans ses interviews. Les internautes du monde entier sont choqués de voir que les promesses de confidentialité de tous ces services sont allègrement bafoués. Le Wall Street Journal a fait une expérience avec un ordinateur test. Il a constaté que les 50 sites les plus fréquentés ont déposé 3184 éléments de surveillance au total, la plupart du temps sans prévenir ; une douzaine de sites en ont déposés plus de cent et Wikipédia aucun. Un petit tiers de ces mouchards se sont révélés inoffensifs, par exemple ceux nécessaires pour se rappeler son mot de passe. Mais les logiciels espions ne s’en tiennent pas à des cookies et sont de plus en plus sophistiqués. Certains, par exemple, suivent ce que font les gens en temps réel et évaluent instantanément le lieu, les revenus, les comportements d’achat et même l’état médical des internautes. Certains se réimplantent automatiquement quand les usagers cherchent à s’en débarrasser, notamment en profitant des fonctionnalités d’Adobe Flash Reader. Reste que la relation entre les profils et les noms des personnes n’est pas faite. Les profils sont, en toute rigueur, ceux des machines des utilisateurs.

La NSA a versé des millions de dollars pour couvrir certains frais des sociétés impliquées dans le programme de surveillance d’internet PRISM. Parmi elles, Google, Yahoo, Microsoft, Facebook et Apple. Les sommes engagées ne couvrent pas les frais engendrés par le programme PRISM directement. Au lieu de cela, les millions engagées compensent les investissements consentis pour répondre aux exigences de certification de la Cour de justice encadrant les programmes d’espionnage, la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC). Oui mais voilà: le versement a eu lieu après un jugement de la FISC reconnaissant comme illégales certaines activités de la NSA. «Pour régler ce problème, l’agence aurait alors dédommagé les investissements structurels à réaliser par les firmes pour être en conformité», explique le site Clubic Pro. L’histoire est complexe, mais une chose est sûre: c’est la première fois qu’un lien financier est établi entre la NSA et les géants du Net, souligne le Guardian. Le journal britannique base ses accusations sur des documents fournis par l’ex-espion Edward Snowden.

Jusqu’ici, les géants du Net ont toujours nié avoir eu connaissance du programme PRISM, soulignant que leur collaboration avec les autorités se faisait uniquement sur ordre de la justice. Les révélations de plusieurs journaux contredisent ces allégations.

 

Quelle place ont les PME et les citoyens dans ce grand rapport de force ?

Dans ce grand échiquier international les PME (Petite et Moyenne Entreprise) ne se protègent pas par rapport a l’espionnage industriel. Les chefs d’entreprise ne mesurent pas l’impact réel de cette problématique. Ceux qui ne travaillent pas à l’international ou qui n’accueillent pas de stagiaires chinois ne se sentent pas concernés. En France, la CCI ( Chambre de Commerce et de l’Industrie) met en place des réunions d’informations avec des experts de la gendarmerie notamment. Ils établissent en effet des diagnostics gratuits de vulnérabilité afin de mesurer les faiblesses de l’entreprise. Il faut avant tout savoir se poser cette question, que veut-on protéger? Cette analyse préalable est capitale pour ne pas disperser ses moyens de protection. «Qui sont les personnes ayant accès aux informations à protéger, où sont ces informations, sur un support ou est-ce de la matière grise? Une fois réalisée, cette démarche permet la mise en place d’une organisation adaptée». Et de l’avis des experts, le reste n’est que bon sens et affaire humaine. Badger les visiteurs, vérifier le profil des stagiaires, opter pour des broyeurs plutôt que des corbeilles à papiers, ne pas travailler dans le train, autant d’acte de prudence visant à ne pas transformer des données stratégiques en informations dites blanches (données informelle et accessible a tous ).

Dans leur globalité les citoyens ont pris consciences du risque mais ignore complètement les méthodes de protection. Ils font juste plus attention à leur faits et gestes sur le Net. Ainsi, aux Etats-Unis, 14% des personnes interrogées affirment avoir réduit leurs achats sur le Net, 20% à avoir réduit leur activités d’e-banking et 50% se déclarent moins confiant dans les entreprises technologiques ou des fabricants de logiciels. Près de la moitié des sondés (47%) affirment en outre avoir changé de comportement sur les réseaux sociaux, de peur d’être potentiellement surveillés.

Une carte à jouer pour les entreprises et services qui feront de la protection de la vie privée un argument de vente: 74% se disent séduits par les produits d’une entreprise qui s’élèverait ouvertement contre l’accès illimité du gouvernement aux données personnelles de ses clients.

Une place forte dans l’économie

La surveillance et l’espionnage sont pratiqués par tous mais n’est pas profitable à tout le monde. Chacun, États et géants du Net, avancent leurs arguments pour avoir recours à ces pratiques. Mais en contre partit il y a beaucoup de dommage collatéraux. Des citoyens surveiller à leur insu, des entreprises se faisant volé des données confidentielles (on estime à environ 29% l’augmentation des brèches informatiques) et obligé d’investir dans des nouveaux moyens de sécurités (un coût moyen d’environ 450 000 $US par brèche). Citant les chiffres du Département américain du Commerce, on évalue à 250 milliards $US par an, les coûts de l’espionnage économique et du piratage électronique pour les entreprises. Les États dédommageant les géants du net, les entreprises investissant dans des moyens de protections, d’autre dans des nouvelles technologies de piratage, créer un circuit économique profitable.

Mais cette économie à qui est-elle profitable et quels en sont les grands détenteurs ?

 

Blog écrit par MOREL Corentin et DUROYAL Flavien.

 

Bibliographie:

Boloh, Yanne et Menuet, Cédric. Espionnage industriel. Les PME doivent se protéger [en ligne]. Le journal des entreprises, mis à jour le 6 janvier 2012, [consulté le 16 décembre]. Disponible sur : http://www.lejournaldesentreprises.com/editions/72/actualite/fait-du-mois/espionnage-industriel-les-pme-doivent-se-proteger-06-01-2012-142275.php

DEFIX, Sylvain. Prism : neuf mois après, quels impacts pour les entreprises françaises? [en ligne]. In 01Net, publié le 28 février 2014, [consulté le 10 décembre 2014]. Disponible sur : http://pro.01net.com/editorial/615042/prism-neuf-mois-apres-quels-impacts-pour-les-entreprises-francaises/

Fechner, Benoist. Les entreprises françaises face au défi de l’espionnage industriel [en ligne].l’express.fr, publié le 18 décembre 2014 [consulté le 16 décembre 2014]. Disponible sur : http://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/les-entreprises-francaises-peuvent-elles-relever-le-defi-de-l-espionnage-industriel_1633978.html

Koch, Simon. L’ombre de la NSA fait chuter les achats en ligne [en ligne]. In Bilan.ch, publié le 13 novembre 2013, [consulté le 10 décembre 2014]. Disponible sur : http://www.bilan.ch/economie/lombre-de-la-nsa-fait-chuter-les-achats-en-ligne

Koch, Simon. Petit guide des scandales de la NSA [en ligne]. In Bilan.ch, mis à jour le 31 Octobre 2013, [consulté le 10 décembre 2014]. Disponible sur : http://www.bilan.ch/economie/petit-guide-des-scandales-de-la-nsa

Nséké, Léopold. Espionnage industriel : Des coûts importants [en ligne]. In Afrique expansion, mis à jour le 15 Février 2012, [consulté le 1 décembre 2014]. Disponible sur : http://www.afriqueexpansion.com/espionnage-industriel-/3607-espionnage-industriel–des-couts-importants.html

Salaün, Jean-Michel. Economie de surveillance [en ligne]. In Internet actu, mis à jour le 07 septembre 2010, [consulté le 1 décembre 2014]. Disponible sur : http://www.internetactu.net/2010/09/07/economie-de-surveillance/

Après l’affaire Snowden, le Brésil convoque un sommet inédit sur internet. [en ligne]. In Bilan.ch, publié le 23 avril 2014 [consulté le 10 décembre 2014]. Disponible sur : http://www.bilan.ch/economie/apres-laffaire-snowden-le-bresil-convoque-un-sommet-inedit-sur-internet

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La NSA a versé des millions aux géants du Net [en ligne]. Bilan.CH, mis à jour le 26 aout 2013, [consulté le 25 novenbre 2014]. Disponible sur : http://www.bilan.ch/economie/la-nsa-verse-des-millions-aux-geants-du-net

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2 réponses à La maîtrise des technologies d’écoute et de télésurveillance participent-elles à l’hégémonie économique ?

  1. Conche Cécile dit :

    Article très intéressant qui pourrais faire presque peur, nous sommes donc épié en permanence sans que personne nous demande notre avis. Il n’y a plus de limite dans la vie privé de chacun et votre article montre bien que même si l’utilisateur se rend compte de cette réalité, il n’a pas toujours les moyen de lutter contre l’espionnage sur internet… et si certain gagne de l’argent en vendant des informations sur nous pourquoi cette argent ne nous revient elle pas ??

  2. Quermont Rémi dit :

    Très bon article !
    Rien à redire sur la forme, hormis quelques petites fautes d’orthographes.
    Mais le fond est plus important. Un sujet exploité en profondeur, et de façon très lucide. Comme le dit Cécile, c’est un sujet qui peut s’avérer effrayant. S’imaginer qu’une entreprise ou un état puisse collecter toutes nous espionner, en toute illégalité, à des fins plus que floues… C’est effrayant.
    Merci d’avoir lever le voile sur cette pratique douteuse, et de nous permettre de nous pencher dessus, à notre tour, grâce à des sources de qualités.