L’eau, le sang de la terre, le support de toute vie

Le thème de la créativité et des innovations est particulièrement d’actualité car de nos jours pour se développer il est essentiel de créer de nouvelles choses comme les technologies. De plus, celles-ci nous sont de plus en plus importantes quant au bon déroulement de notre vie. La créativité et l’innovation sont intemporelles car chaque génération invente et crée des nouveautés.
Ce thème regroupe ainsi pleins de domaines tel que le domaine de l’eau. En effet l’eau est au centre du développement, et également à l’origine de beaucoup d’interrogations et de conflits dans le monde.
Nous allons donc voir dans quelle mesure l’Homme garantit-il un avenir meilleur pour la planète en créant de nouvelles innovations dans le domaine de l’eau.

Les différentes formes de développement liées à l’eau

Notre développement ne peut se faire sans eau.

« L’eau, c’est la vie » disait Saint-Exupéry. Aucun être vivant sur la planète ne peut survivre sans cette ressource. Mais plus de deux milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable, plus de quatre milliards ne disposent pas de service d’assainissement, et des millions de personnes meurent chaque année dans le monde du fait de maladies liées au manque d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène. Comment y remédier ? L’article qui suit est celui d’un homme qui a consacré toute sa carrière à cette question, depuis qu’au sortir des Trente Glorieuses l’on a pris conscience de la dégradation spectaculaire de la qualité des eaux (comme de celle plus généralement de notre environnement).

Auteur d’abord d’un modèle qui, dans le prolongement de la première loi française sur l’eau (1964), inspira la création des agences de bassin, il fut appelé à la direction de l’une d’elles tout en étant étroitement impliqué dans toutes les conférences et négociations internationales sur l’eau. Il n’est pas habituel de publier dans Futuribles un témoignage, mais ce qu’il nous dit des progrès accomplis à l’issue d’un demi-siècle de déclarations gouvernementales rassurantes comme de résolutions internationales sur le développement durable, est riche d’enseignements pour l’avenir.

Il montre d’abord combien la création de ces agences de bassin fut en France une innovation majeure, rompant avec les habitudes séculaires, tant royales que jacobines, puisqu’elles étaient dotées d’une exceptionnelle autonomie pour taxer les mètres cubes d’eau prélevée et les matières polluantes rejetées, afin d’investir dans les équipements et les processus d’assainissement, en étroite concertation avec les acteurs. Il en montre les bienfaits mais aussi les limites, sans trop en dire sur leur sort…

Le traitement du temps est essentiel pour le développement des innovations aquatiques.

Le temps est souvent considéré comme le cadre indépendant par rapport auquel les processus de gouvernance évoluent. Dans le présent article, en revanche, nous considérons le temps comme un facteur qui influence l’évolution des processus d’innovation dans la gestion de l’eau. En nous basant sur deux exemples néerlandais, nous analysons les perceptions du temps et la gestion du temps. Les gestionnaires publics gèrent leur temps en essayant de fixer des délais, en synchronisant différents calendriers ou en imposant leur horizon temporel au processus. Il arrive que les calendriers des différents acteurs soient incompatibles, ce qui peut entraver les processus de gouvernance. L’analyse du temps aide à expliquer la dynamique des processus de gouvernance et, dans le présent article, nous allons voir que l’alignement des calendriers est une activité déterminante pour réaliser des innovations dans la gouvernance.

Le développement de l’Homme et de ces innovations autour de l’eau ont un côté néfaste et ne sont pas toujours en harmonie avec l’écologie et la préservation de l’écosystème.

La dégradation du milieu du naturel

Les innovations sont remises en question et nuisent au développement durable.

Le développement durable exige une gestion démocratique de l’eau, associant l’ensemble des acteurs impliqués dans le cycle hydrologique. Il convient de concevoir une gouvernance systémique qui responsabilise chaque acteur dans ses rapports avec la ressource depuis l’individu jusqu’à l’organisation mondiale. Le cycle est un système complexe, soumis aux lois naturelles, et à la pression des activités humaines. Certes, les innovations préconisées par les grandes sociétés fournissent des solutions pour résoudre la gestion de l’eau mais risquent d’apparaître, face au développement durable, comme des palliatifs, sans changements dans nos modes de production et de consommation. La recherche d’innovations techniques pour réduire l’émission de gaz carbonique, ou pour produire des substances rendant l’eau potable est indispensable mais elle ne doit pas exclure la mise en œuvre d’innovations organisationnelles conditions permissives d’une gestion efficace de la ressource et de transmissions de bonnes pratiques. En effet, la « gestion active de l’eau » (dessalement, réalimentation des nappes, réutilisation, etc.) proposée par les grandes sociétés industrielles chargées de l’approvisionnement et de l’épuration est-elle suffisante pour garantir un développement durable ? Ceci nous conduit tout naturellement à nous interroger sur les possibilités de changer les modes de production et de consommation et sur l’acceptabilité de ce changement par l’humanité.

La pollution, source de destruction des processus naturels et de la dégradation de l’eau.

A travers l’exemple de la gestion d’une pollution diffuse de la nappe phréatique en Alsace, l’article s’interroge sur les effets de la gestion intégrée sur la ressource eau. En se basant sur une lecture systémique du « cycle social » de l’eau, l’article s’attache à démontrer les limites d’une gestion qui loin de dépasser les logiques de filières, les entretient en réduisant essentiellement les actions entreprises en faveur de la ressource au seul registre technique. L’utilisation systématique de ce médium de conciliation entre les différents usages s’avère d’autant plus problématique qu’il renforce la fermeture des filières et contribue à la « colonisation » toujours plus poussée des processus naturels générateurs d’autres problématiques environnementales.

Ces endommagements prouvent alors que l’eau est mal géré par l’Homme et celle-ci est, par conséquent, source d’altercation notamment dans les pays du Sud.

La mauvaise gestion de l’eau, source d’inégalités et de conflits

Qui gouverne l’eau et pourquoi sa gestion est problématique ?

La question que nous nous posons sur l’eau est simple : qui gouverne l’eau ? Mais la réponse est difficile : elle interroge la gouvernance : « qui gouverne quand personne ne gouverne ? ». Cependant, si la gestion de l’eau est un des domaines les plus concernés par le mouvement d’internationalisation et de transnationalisation de normes, les niveaux nationaux et infranationaux restent pertinents. Nous abordons ici ces enjeux à propos des eaux douces des régions méditerranéennes en comparaison avec d’autres régions européennes : un Sud souvent cité comme exemple (ou contre-exemple) d’un enjeu mondial dans un contexte de pénurie et de gestion de « crise » qui serait permanente. Après avoir replacé le débat sur les eaux méditerranéennes dans le contexte du « régime global » de l’eau, cet article plaidera dans un deuxième temps pour une lecture territorialisée des usages des normes « globales » de gestion de l’eau. Dans un troisième temps, il se penchera sur ses « innovations ». L’Etat demande la construction sociale de l’« innovation » , la figure du « bon exemple » de gestion territorialisée de l’eau. Ce benchmarking souple procède de l’enrôlement de chercheurs, via des appels d’offres scientifiques, d’experts et de bureaux d’études qui narrent, rendent compte, comptent et comparent les « bons exemples » d’innovations d’implémentation. On arbore également l’efficacité de la catégorie « infraction » au droit de l’environnement européen pour européaniser les pratiques environnementales des États, en posant des jalons de mise en conformité. Ces instruments sont autant de technologies de labélisation du « bon » dans un contexte de fragmentation des pouvoirs.

La crise de l’eau intensifiée par le réchauffement climatique et la mauvaise gestion de l’eau.

Plus qu’une « crise de l’eau » liée à une pénurie naturelle, la géopolitique de l’eau est gouvernée par des politiques de l’eau déficientes, et par la difficulté à garantir la sécurité hydrique, le tout aggravé par le réchauffement climatique.

L’eau à l’origine d’inégalité est source de conflits et de tensions.

Face à un champ de l’eau traditionnellement fragmenté en de multiples thématiques rivales – réseau, ressource, service public, marchandise, bien collectif, droit à l’eau -, le présent ouvrage, façonné au sein d’un véritable atelier pluridisciplinaire, le « rés-eau-ville » du CNRS, rassemblant des spécialistes venus des divers horizons des sciences humaines et sociales, entend contribuer à une indispensable « réunification ».

Au fil d’exemples nationaux, régionaux ou locaux et sur quatre continents (Europe, Amérique latine, Afrique, Asie), se dessine avec force le fil conducteur qui rattache la gestion de l’eau au processus de la mondialisation. L’eau mondialisée apparaît comme un laboratoire global où s’élaborent des gouvernances aussi diverses qu’originales. Les modèles anciens sont bousculés par la dynamique des forces sociales : usagers, collectivités territoriales, ONG, technocraties nationales et internationales… Des expériences sont engagées, des conflits éclatent, des compromis se nouent, des pratiques reçoivent valeur juridique, des institutions sont mises en place : par-delà ce bouillonnement d’idées et d’initiatives se profile l’un des enjeux majeurs du XXIe siècle, à savoir la prise en charge collective d’un accès à l’eau du plus grand nombre.

L’eau devrait être source de coopération et non de conflits.

La gouvernance des ressources en eau dans les pays en développement constitue un enjeu majeur identifié comme prioritaire sur l’agenda politique international Dans le cadre de cet article, nous caractérisons d’abord la notion de gouvernance des ressources en eau en soulignant le caractère hybride des modes de régulation mobilisés. Puis, à travers plusieurs exemples de périmètres irrigués, nous illustrons les difficultés rencontrées par les différents modes de régulation mobilisés dans la gestion des ressources en eau. Enfin, nous discutons, à partir de la notion de bien public mondial, les enjeux d’une coopération internationale sur ce sujet.

Malgré tout, l’eau n’a pas que des mauvais côtés, son utilisation peut être valorisée afin d’améliorer le niveau de vie dans les pays en difficultés.

Une bonne utilisation de l’eau

L’eau potable, une grande bataille !
Pierre
16/03/2017
Source : https://flic.kr/p/RLmy84

Les deux mouvements nécessaires quant à la bonne gestion de l’eau.

Depuis les années 1970, deux mouvements animent les politiques de l’eau à l’échelle internationale et ont des répercussions à l’échelle locale : la « marchandisation » et la « patrimonialisation ». Cet article analyse les bouleversements théoriques engendrés par la reconnaissance de l’eau comme patrimoine commun. Dans ce cadre, nous revenons tout d’abord sur le courant des ressources communes (Common Pool Resources) et sur l’un de ses prolongements : la médiation patrimoniale par récurrence. Puis, nous présenterons les principaux enseignements de l’économie du patrimoine. Ces différentes approches sont discutées et mobilisées pour analyser des institutions traditionnelles et modernes de gestion de l’eau, en France et au Maghreb.

Potabilisation de l’eau dans les PMA.

Y aura-t-il un jour de l’eau au robinet pour tous, en Afrique (et plus généralement dans les pays en développement) ? Et pour ceux qui jouissent de ce privilège, à quand une disponibilité en continu ? Mais, d’abord, quand sera-t-elle potable ? Et quand les villes seront-elles dotées de dispositifs d’assainissement adéquats ? Il est en effet désormais établi que l’eau potable toute seule, sans l’assainissement et l’éducation à l’hygiène, n’améliore presque pas l’état sanitaire des populations. Répondre à ces questions, c’est répondre à une seule : Comment lutter contre le « sous-développement durable » en matière d’eau, sachant que ce sujet est à l’ordre du jour depuis plus de trente ans ? Et que, de plus, s’annonce à l’horizon une urbanisation massive dans ces pays, dont on sait bien que la majorité des nouveaux arrivants vivront dans des bidonvilles.

 

On a souvent un regard critique face au développement de l’Homme autour de l’eau. Cependant nous pouvons voir que celui-ci garantit un avenir meilleur pour la planète dans le domaine aquatique en essayant de réduire les inégalités dans le monde qui sont bien trop présentes et cela en créant de nouvelles innovations.
Parlerons-nous bientôt d’un monde unis où les inégalités ne seront plus d’actualité?

Maxence LAFFOND
Coralie PETITGIRARD


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