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Consommer autrement

L’alimentation durable : une consommation d’avenir

De nos jours en France, l’alimentation durable, visant à nourrir les êtres humains en quantité et qualité suffisante tout en préservant l’aspect environnemental, sanitaire et culturel, prend une place de plus en plus importante. Ajoutons que la pandémie du coronavirus a fortement accentué ce phénomène. De nombreux consommateurs se sont ainsi dirigés vers l’achat de produits provenant de circuits courts, ainsi qu’à une consommation de fruits et légumes de saison. Notre problématique est : en quoi l’alimentation durable est-elle de nos jours bénéfique pour l’environnement, l’économie et la santé des français ?  

Étant originaires du monde agricole, traiter ce sujet nous affecte particulièrement. En effet, nous disposons de nombreuses connaissances sur l’enjeu environnemental, sanitaire et économique du développement durable, et selon nous, il est essentiel de partager nos connaissances concernant cette thématique.

L’alimentation durable et l’environnement

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde de surconsommation, qui signifie alors une surproduction d’alimentation et, parallèlement, une augmentation des rejets de gaz à effet de serre. Il existe différents types de productions alimentaires, dont certaines ayant une empreinte carbone importante. Tout d’abord, la consommation de viande émet en moyenne 20,7% des rejets totaux liés à la production alimentaire ; la majeure partie de ces rejets proviennent des bovins (pour être plus représentatif, le bœuf et l’agneau représentent en moyenne une émission de 650 Kg de CO2 par an et par personne). Ensuite on retrouve les fruits et légumes, qui rejettent 14,2% de dioxyde de carbone. Enfin, la charcuterie représente 7,3% de ces émissions. Afin de préserver l’environnement, nous nous devons aussi de consommer des produits de saison, et même de produits locaux si possible : par exemple, éviter de se nourrir de tomates en hiver et de clémentines en été. Ce genre d’actions permettrait alors de limiter les rejets de CO2 émis lors de l’acheminement des fruits et légumes du producteur au consommateur. On retrouve également les organismes génétiquement modifiés (OGM) qui incitent certains agriculteurs à continuer de produire, tout en utilisant une grande quantité de désherbants, fongicides et autres, car les plantes se familiarisent avec ces traitements, les rendant alors inefficaces. Les plantes développent donc une résistance aux pesticides.

L’alimentation durable et l’économie

L’alimentation durable, représentée essentiellement par des modes de consommation tels que l’alimentation biologique, n’est pas forcément accessible à tous les consommateurs, car celle-ci est financièrement onéreuse. Ces coûts financiers correspondent alors à une augmentation de la main-d’œuvre, mais à des plus faibles rendements. Les classes sociales les plus défavorisées se dirigent donc vers une alimentation moins coûteuse, provenant le plus souvent d’importations. Depuis quelques années, nous pouvons constater une émergence d’un mode de consommation, qui s’est accentué avec la pandémie du covid-19 : le circuit court. Celui-ci permet de consommer une alimentation dont la provenance est connue, tout en conservant un prix abordable. Ce mode de consommation permet alors de disposer du choix et de la provenance des aliments.

Citons comme exemple un consommateur qui se rend chez le maraîcher local, et qui lui achète des produits de consommations locaux, et bien entendu de saison. Le circuit court est donc une alternative à l’alimentation durable.

L’alimentation durable et la santé

Ces dernières années, de nombreuses études nous permettent de constater que les jeunes générations, en France, consomment une alimentation de moins en moins saine, alors qu’il est recommandé de s’alimenter correctement, c’est-à-dire de manière équilibrée. Chez les enfants les plus précaires, une alimentation malsaine peut engendrer à long terme une hausse des risques de maladies chroniques.

Les OGM ont un fort impact sur la santé des consommateurs ; en effet, les pesticides contre lesquels ceux-ci résistent, se lient à l’ADN de l’organisme traité. L’organisme ayant subi une modification génétique, nous alimente (parfois par le biais d’autres organismes vivants) ; c’est de cette manière que l’on retrouve des traces d’insecticides dans notre organisme. Ajoutons que ceux-ci peuvent indirectement provoquer des cancers ou encore des blocages de division cellulaire (problèmes majoritairement rencontrés chez les femmes enceinte, avec un arrêt du développement de l’embryon).

L’alimentation durable et la pandémie ont renforcé la santé des français, car ils consommaient une plus grande quantité d’aliments composés de probiotiques, notamment des fruits (les probiotiques étant des organismes vivants du type levures, qui apportent un effet bénéfique à l’organisme qui les ingère). Les français cherchent également à diminuer leur consommation tout en la rendant plus saine afin de préserver leur santé, par exemple en consommant des produits biologiques, produits sans OGM, démarche bleu-blanc-coeur…

Pour conclure, on peut affirmer que les français sont de plus en plus dans l’optique de consommer durablement, car ce mode d’alimentation présente des effets bénéfiques pour la santé, l’environnement ainsi que l’économie. D’une part, cela permet de limiter les risques de maladies chroniques, notamment chez les jeunes générations. D’autre part, l’alimentation durable préserve l’environnement, avec une diminution de l’alimentation d’origine animale (qui rappelons-le, émet d’importantes quantités de gaz à effet de serre). Pour autant, celle-ci n’a pas forcément un coût plus élevé, comme nous pouvons le constater avec l’exemple du circuit court.

A nous d’imaginer un monde où l’alimentation durable serait accessible à tous et nous permettrait de préserver notre planète.

FOURNIER Timothé

CANET Martin

Sources :

  • BLOYET Dominique. Quel effet covid sur le contenu des assiettes ? Presse Océan [en ligne], 01/12/2021.

Disponible sur :

https://nouveau.europresse.com/Search/ResultMobile/25

  • CAILLAVET France et FADHUILE Adélaïde. Inégalités et politiques publiques pour une alimentation durable. INRAE [en ligne], 04/2020.

Disponible sur :

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02562270/document

  • CAILLAVET France et REGNIER Faustine. Saisonnalité et contre-saisonnalité pour une alimentation durable. INRA [en ligne], 11/2019

Disponible sur :

https://ageconsearch.umn.edu/record/296763/

  • GODINEAU Emilie. Indices de qualité des aliments : QU’EN PENSER ? Top santé [en ligne], 14/10/2021.

Disponible sur :

https://nouveau.europresse.com/Search/ResultMobile/0

  • MERRER Catherine. En octobre, départ de la maison de l’alimentation. Le télégramme [en ligne], 21/09/2021.

Disponible sur :

https://nouveau.europresse.com/Search/ResultMobile/0

  • MIGLIORE Agnese. Le consommateur face à une nouvelle donne : l’alimentation durable. reseau-concept.net [en ligne], 08/12/2009.

Disponible sur :

http://portail2.reseau-concept.net/Upload/ciheam/fichiers/MIGLIORE_these.pdf

  • RAGOBERT Ilona. Alimentation durable : 5 aliments bons pour vous et pour votre empreinte carbone. Freeze.by carbo [en ligne], 11/2021.

Disponible sur : 

Alimentation durable : 5 aliments bons pour vous et votre empreinte carbone

  • RAULET Manon. L’alimentation durable et ses alternatives : de la production à la consommation. SOL [en ligne], 06/2019.

Disponible sur : 

SOL » L’alimentation durable et ses alternatives : de la production à la consommation

  • Non renseigné. OGM et OGM cachés : des risques pour la santé, l’environnement et l’agriculture.  Générations futures [en ligne], 11/04/2017.

Disponible sur : 

OGM et OGM cachés : des risques pour la santé, l’environnement et l’agriculture – Générations Futures

commentaires

C’est un très bon articles qui nous présente les aspects de l’alimentation durable grâce au circuit court et surtout avec beaucoup de détails ce qui nous montre bien les aspects négatifs de la surconsommation de nourriture dans lequel nous vivons actuellement. Beau travail. VANDENBUSSCHE Antoine.

Article très intéressant, qui nous permet de comprendre le circuit durable de l’alimentation, ainsi que cette surconsommation, et l’intérêt de manger des fruits lorsque c’est la bonne saison pour ceux-ci. Bon travail.

Guillaume MONNERET

C’est un article très bien écrit qui nous fait prendre conscience de l’alimentation durable, les illustrations le rendent très attrayant, il est très bien présenté et nous donne envie d’être lu jusqu’au bout. Très bon travaille.

Maxime Balay

Article très intéressant qui nous montre comment consommer de façon durable. La consommation est l’un des piliers du développement durable il est donc très important d’y faire attention.

Ce blog est très bien écrit et se lit facilement merci pour ce travail.

CARMILLE Simon

C’est un article très bien construit dans la forme comme dans le fond avec des informations intéressantes et des consignes qu’on peut appliqué quotidiennement pour avoir un alimentation durable afin d’être en bonne état de santé

SOW Cheikhuona

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Consommer autrement La ville en mutation

L’importance de la restructuration immobilière en perspective de l’évolution sociétale

Le secteur de l’immobilier a fait face à une croissance constante depuis la loi de 1948 qui stipule que le prix des logements n’est plus soumis à la juridiction de l’État. L’économie devient donc un point clé de ce secteur dû à une certaine liberté des prix et d’un changement du système de l’offre et de la demande. Mais nous pouvons nous apercevoir que depuis quelques années, on note une certaine évolution sociétale qui se concentre sur la protection de la planète dû à des problèmes environnementaux. Cette sensibilisation à donc des répercussions sur le  secteur de l’immobilier qui ne peut donc que se renouveler et innover pour participer à cette transition économique et écologique. 

La rénovation du secteur de l’immobilier peut-elle rimer avec économie écologique ?

Nous savons que depuis des années, la grande partie du secteur de l’immobilier est constituée d’anciens bâtiments. Mais qui dit anciens bâtiments dit aussi parc immobilier qui n’est malheureusement pas optimisé pour répondre aux besoins économiques mais aussi écologiques. Ces besoins prennent une part de plus en plus importante dans ce secteur. Pour preuve, ces anciens bâtiments sont surnommés de passoires thermiques car ils laissent trop facilement passer la chaleur à travers les parois. Mais alors, on pourrait se demander pourquoi n’avoir pas construit directement des bâtiments plus isolants ? La réponse est simple, la plupart des bâtiments que nous voyons en ce moment ont été construits à l’après-guerre et il y avait donc un besoin de construire des bâtiments en masse sans penser à garder la chaleur et à penser aux conséquences écologiques et économiques. Car sans surprise, la chaleur représente beaucoup d’énergie avec plus de 40% de celle-ci qui lui est consacré, mais cette énergie pour la chaleur est produite de façon non écologique avec une grande partie qui représente 64% du au énergies fossiles. Pour pallier cela, on compte sur une réhabilitation des bâtiments plutôt qu’à leurs reconstructions. En effet, la rénovation de ces bâtiments permet une économie considérable sur les matériaux utilisés avec 74 millions de tonnes pour la rénovation face à 1,3 milliards de tonnes pour la reconstruction complète du parc immobilier.

Le logement représente 27% des émissions de gaz à effet de serre qui représentent 80 millions de tonnes de CO2 rejetés en 2019, des émissions qui peuvent pourtant être évitées. Pour autant, nous pouvons constater une certaine stagnation des émissions du secteur résidentiel et même voir parfois une tendance baissière. Pour preuve, la surface totale des logements a augmenté de plus de 49% en 27 ans et pourtant, on compte une baisse de 5% des émissions de gaz à effet de serre pour ces logements. Cela s’explique principalement par un début de changement des isolation des habitats par les propriétaires mais aussi par des changements climatiques car nos hivers sont de moins en moins froids dû au réchauffement climatique. Mais malheureusement, cela n’est pas suffisant pour une transition écologique efficace pour l’environnement.

C’est pour cela que le gouvernement a décidé d’accélérer le pas pour permettre une transition écologique plus rapide, de ce fait, des démarches sont apparues telles que la mise en place de différentes lois. Ces lois ont pour but concret de baisser ces émissions par le biais des rénovations des bâtiments énergivores avec une ambition de 40% pour 2030 et jusqu’à 60% d’ici 2050. Il y a donc une volonté de supprimer les passoires thermiques qui représentent 17% des du parc privé pour un nombre estimé à 4,8 millions. Mais jusqu’à présent,  ces lois n’étaient pas appliquées car la volonté seule ne suffit pas. C’est pourquoi le Gouvernement a décidé de frapper un grand coup avec l’adoption de la loi climat en 2020 qui vise à interdire à la location les passoires thermiques. Mais comment identifier concrètement ces bâtiments ? Ce sont simplement des bâtiments qui sont classés E, F et G au niveau du DPE.

Mais cette interdiction vient brutalement sonner à la porte des propriétaires qui font preuve de réticence, ce qui s’explique en majeur partie par un souci d’argent et de financement. Pour pallier ce problème et donc de ne pas freiner cette transition écologique, l’État a mis en place en 2020 un budget de 5,8 milliard d’euros sous forme de subvention ou de CEE. Cependant, 58% des passoires thermiques sont occupées par des propriétaires dont 1,5 millions à faibles revenus. C’est pour cela que Ma Prime Rénov qui est la principale aide pour les logements a plusieurs fois évolué pour finir par être accessible pour toutes les personnes car aucune condition de revenu n’est nécessaire depuis le 1er Juillet 2021. 

Nous pouvons donc voir un effort de la part du Gouvernement pour favoriser cette transition écologique mais nous pouvons nous demander si ces mesures ne sont pas prises un peu trop tard quand nous nous apercevons de l’urgence environnementale à laquelle nous faisons face.

La concentration urbaine amplifie-t-elle la migration rurale ? 

Depuis une dizaines d’années, on peut remarquer un certain engouement pour les ménages de s’installer dans les métropoles ou en tout cas au plus près pour profiter de l’attractivité et des nombreux services qui sont présents et qui se développent toujours plus au fil des années. Mais l’arrivée brutale de la pandémie mondiale a remis très rapidement en question cette envie de vivre toujours plus près des métropoles quitte à sacrifier une partie de leurs libertés. Car en effet, vouloir vivre toujours plus près des centre des villes n’est pas que positif et pour preuve, le prix est toujours plus élevé et ne cesse d’augmenter dans les centres urbains. Mais qui dit prix toujours plus haut dit forcément surface habitable toujours plus petite et  cette pandémie a fortement appuyé sur ce point avec le confinement qui interdisait alors les personnes de sortir de chez elles. Mais problème: passer le confinement dans un endroit relativement petit et surtout sans une partie de verdure pour prendre l’air est très vite compliqué à vivre. C’est pourquoi, nous pouvons remarquer une certaine tendance de départ des grandes villes pour privilégier des villes plus petites voire des villages dans des endroits plus ruraux. On observe donc une nouvelle typologie des biens et donc un changement géographique de l’immobilier. Et pour cause, nous pouvons recenser une augmentation de 13% des départs au second semestre 2020 et cela sans compter l’augmentation de fin 2019. Mais toute cette migration vers des zones plus rurales apporte forcément son lot de problèmes en commençant par une incidence sur les prix des biens qui se situent dans ces zones. Car en effet, les ménages délaissent leurs appartements des métropoles pour s’installer principalement dans des maisons à la campagne. De ce fait, on peut constater une hausse des prix des maisons chiffrée à plus de 8,9% pour fin 2021 qui est donc plus élevé que les 6,5% de fin 2020. Mais la hausse de ces prix ne sont malheureusement pas la seule problématique de cette migration, car en effet, la demande en maisons en campagne dépasse les offres présentes. Et pour pallier cela, on constate une augmentation de la déforestation qui est due au besoin d’espace pour continuer à construire des biens immobiliers. C’est tout de même près de 130 millions d’hectares de forêt qui ont disparu dans le monde pour accroître le développement et cela à des répercussions négatives sur la biodiversité ainsi que pour la lutte climatique car nous savons que les arbres absorbent le CO2 et que cela ralentit donc le réchauffement climatique. Mais cette déforestation, qu’elle soit mondiale ou plus ciblée comme en France est de mieux en mieux encadrée et on peut donc voir naître des propositions de lois telles que le fait de baisser la fréquence d’exportation du bois de nos forêts pour la Chine qui fabrique des meubles et qui les renvoie en France avec un prix  à la hausse car cela représente tout de même 6 milliards d’euros de déficit pour la France. 

L’insuffisance grandissante du pouvoir d’achat des ménages dédié au logement

Nous pouvons nous apercevoir que depuis des années, le prix de l’immobilier ne cesse d’augmenter dans les métropoles mais aussi partout ailleurs en France. Mais ces augmentations de prix qui sont principalement dues par l’inflation et par le principe de l’offre et de la demande augmentent plus rapidement que les salaires des ménages qu’ils soient locataires ou propriétaires. Un problème survient alors ; c’est la baisse du pouvoir d’achat pour les ménages qui sont donc dans l’obligation de dédier une part plus importante de leurs revenus dans le loyer. 

Le développement du secteur de l’immobilier force les fabricants à utiliser des technologies de plus en plus coûteuses et donc d’augmenter les prix de base.La concentration d’habitant dans une ville donne aussi lieu à l’augmentation des prix tout comme l’accessibilité des services  (médicales,loisirs …) .

Le budget d’un Français n’augmente pas beaucoup comme nous le montre le SMIC qui n’augmente que de 0.9% alors que le prix du logement a augmenté de 7.7 % pour les maisons et de 5.6 % pour les appartements. La part de l’immobilier pour un Français a donc pris une part plus importante du pouvoir d’achat de celui-ci en passant de 28% à 31% pour des revenus modeste en 10 ans alors que le pouvoir d’achat a augmenté.

Les ménages pour compenser cela font des crédits immobiliers qui coûtent assez chers vu qu’ils payent en moyenne plus de 1000 €.

Le secteur de l’immobilier est en constante évolution mais doit cette fois-ci être prêt pour la transition écologique et économique. Tout cela se compose de grands changements comme nous le montrent les rénovations avec des matériaux plus propres pour l’environnement et donc moins onéreux sur le long terme. En parallèle, l’un des nombreux problèmes est la concentration des ménages dans les métropoles et donc la centralisation de l’immobilier dans un espace restreint, ce qui contraint à augmenter toujours plus la production de bâtiments et donc de la perte d’espaces verts. Par conséquent, dès que la liberté de déplacement a été sensibilisée par la crise sanitaire mondiale, on a pu constater une migration vers des zones plus rurales qui n’est donc pas préparée à une arrivée massive et qui doit donc augmenter ses prix des biens et créer de nouveaux bâtiments car la demande est grande que l’offre. Le souci étant qu’ avec une augmentation des prix toujours plus élevée du l’inflation ou la migration, les ménages sont donc dans l’obligation de compenser cette augmentation en utilisant une plus grande partie de leur salaire et donc de leur pouvoir d’achat. 

FORTES Romain

VANDENBUSSCHE Antoine


Référence :

  • PIERRET Gaetan. La transition écologique qui vient toucher la branche de l’immobilier avec l’aide et l’accélération de l’ETAT. L’AGEFI ACTIFS [en ligne], 03/09/2021. [consulté le 21/01/2022]. Disponible sur : 
  • https://nouveau.europresse.com/Search/ResultMobile/1

Commentaire :

Un article très claire et complet, bien illustré et qui présente selon moi, aucun défaut au niveau du visuel et du contenu. Grace a cette article, on prend conscience de l’impact du développement de l’immobilier sur l’écologie. Un travail intéressant et très bien réalisé, bravo.

De Biasi Antoine

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Consommer autrement

Consommation cinématographique : évolution, impacts économiques et écologiques.

Par Louis DENICOURT et Alain BOLORONUS (BTS Gemeau)

Dans quelle mesure l’industrie cinématographique est-elle une industrie de surconsommation qui a une influence économique et écologique dans le monde ?


Depuis les premières expériences artisanales des Frères Lumières en 1895 jusqu’aux superproductions contemporaines, le cinéma s’est transformé au point qu’il a changé non seulement d’aspect mais aussi de nature : de simple moyen d’expression artistique, il est devenu un objet de consommation de masse. Nous pouvons donc nous demander dans quelles mesures l’industrie cinématographique est-elle une industrie de surconsommation qui a une influence économique et écologique dans le monde.

Nous allons donc tout d’abord étudier l’évolution de la consommation cinématographique liée aux dernières innovations technologiques, puis nous nous intéresserons aux conséquences économiques de la consommation cinématographique et pour finir à ses impacts écologiques.

Évolution de la consommation cinématographique

Le DVD, apparu en France à partir de 1998, est un mode de consommation cinématographique qui a provoqué un recul de la fréquentation des salles de cinéma. Mais le confort et l’immersion spécifiques des salles de cinéma sont encore recherchés et le tarif des places de cinéma par rapport au prix d’un DVD reste avantageux pour une personne.

Le home-cinéma qui s’est développé quelques années plus tard tend à rapprocher les spectateurs des conditions d’une salle de cinéma.

Un autre phénomène a révolutionné la consommation cinématographique : le streaming. Il permet la consommation cinématographique à domicile. Les périodes de confinement liées à la crise sanitaire ont accéléré ce mode de consommation (périodes de fermetures des salles).

Ce nouveau média fait l’objet de nombreuses critiques. En effet, son utilisation s’accompagne d’algorithmes dont le but est d’inciter le spectateur à consommer davantage et d’orienter ses choix par des recommandations de films en fonction de ses habitudes. Le réalisateur Martin Scorsese a dit à ce propos que ces algorithmes “traitent le spectateur comme un consommateur et rien d’autre”. Il compare les films de super-héros MARVEL aux manèges des parcs d’attractions. Le spectateur est un consommateur qui recherche des sensations fortes.

M. Scorsese n’est pas le seul à critiquer le contrôle par les algorithmes. La domination du monde par les ordinateurs est critiquée par d’autres réalisateurs à travers leurs films comme Terminator (réalisé par James Cameron) et The Matrix (réalisé par Lana Wachowski).

Le même procédé s’applique d’ailleurs à tous les domaines de consommation. La conséquence est une réduction de l’intérêt à un seul genre et un seul sujet. Mais peut-être que les algorithmes de streaming ne sont pas vraiment à blâmer : après tout, ils sont simplement faits pour aller dans le sens des choix du consommateur.

On rentre dans un cercle vicieux, l’un entraîne l’autre : la préférence du public provoque une restriction des choix qui a pour conséquence une restriction des préférences du public.

Deux faits significatifs dans le domaine cinématographique ont marqué l’année 2021.

D’une part, une montée en puissance des plateformes de diffusion en ligne a été constatée avec une inégalité croissante entre celles basées aux USA (Netflix, Amazon Prime et Disney +) et celles basées dans les autres pays. Ces plateformes de streaming saturent le marché, en particulier chez les jeunes.

D’autre part, l’écart entre la durée totale de visionnage des films à fort potentiel commercial et celles des autres films a augmenté car internet favorise les plus puissants et marginalise les autres. La complaisance des grands médias en faveur de Netflix a contribué à l’aggravation de ces déséquilibres et les pouvoirs publics en charge de la culture refusent de s’attaquer à ce problème.

Par conséquent, l’ensemble du cinéma (grand public et d’art et essai) traverse une période difficile qui nécessite une adaptation.

Malgré tout cela, en 2017, les ventes mondiales de places de cinéma ont explosé : les recettes se sont élevées à 40,6 milliards de dollars, soit une augmentation de 5 % par rapport à 2016. Le streaming, en hausse de 33 %, ne concurrence donc pas autant qu’on pourrait l’imaginer le cinéma en salle. La salle de cinéma reste un lieu apprécié par les spectateurs pour vivre une expérience collective.

Impacts économiques

L’industrie du cinéma est dominée par les majors : notamment Paramount et 20th Century Fox qui depuis l’origine du cinéma, ont toujours privilégié l’aspect économique à l’aspect artistique. Ces puissants groupes au capital gigantesque sont en concurrence entre eux avec un objectif de domination. Ils intègrent à la production de films l’ensemble des éléments de la chaîne de fabrication (ex : terrains immobiliers, studios, réseaux de salles) mais aussi les découvertes techniques en mesure d’aider à la promotion des films fabriqués.

D’autre part, la Chine devient une puissance de production de cinéma de plus en plus importante. Elle est devenue le premier marché du monde avec 7,6 milliards de dollars de recettes et quatre films chinois sont en tête du box-office.

Le cinéma occupe une place importante de Soft Power dans l’empire chinois.

La carte suivante montre que les pays où les places de cinéma sont les plus vendues sont principalement les pays d’Europe et les pays d’Asie de l’Est. La Chine est le pays où le marché des places de cinéma est le plus grand. Elle a gagné 7,9 milliards de dollars en 2017 grâce à la vente de places de cinéma.

De manière plus générale, l’Asie est le plus gros producteur de films mondial mais ils ne sont que très peu exportés, au contraire des grandes compagnies hollywoodiennes qui exportent dans le monde entier et qui concurrencent et déstabilisent les productions locales surtout en Europe.

Cependant, l’industrie du cinéma est une industrie mineure comparée aux autres industries. Elle occupe surtout une place importante dans le secteur médiatique car la production d’un film nécessite un budget important (en moyenne 31,3 millions de francs en France en 1997).

Avec le développement rapide des autres médias qui touchent un nombre de spectateurs toujours plus important et qui offrent des programmes plus vastes, les salles de cinéma ont perdu le monopole de la transmission d’images sonores et animées. La télévision est ainsi devenue une composante importante du financement des films et un support privilégié de leur diffusion.

En outre, les films produits par l’industrie du cinéma sont accompagnés de produits dérivés qui constituent une part importante de l’économie cinématographique. Par exemple, l’entreprise française Abysse Corp a obtenu des licences qui lui permettent de vendre des produits dérivés dans toute l’Europe bien que ces produits soient fabriqués à 75% en Chine. L’activité de cette entreprise est en forte augmentation (+34% en 2019 par rapport à l’année précédente).

Impacts écologiques

Les investissements et les enjeux financiers considérables auxquels le cinéma doit désormais répondre ont poussé celui-ci dans la démesure : les sommes investies sont très importantes et tous les moyens sont mis en œuvre pour couvrir les investissements et faire des bénéfices. Le cinéma est ainsi devenu un objet de consommation de masse. Cela n’est pas sans poser des problèmes d’écologie. Ainsi, plusieurs déplacements en avion d’une équipe complète sont parfois effectués pour réaliser un film afin d’avoir de nombreux décors différents. La construction de décors gigantesques pour une utilisation éphémère fabriqués dans des matériaux non recyclables et la destruction de plusieurs voitures au cours d’un tournage ne sont pas exceptionnels. Certains films polluent énormément lors de leur réalisation alors même qu’ils dénoncent les conséquences du changement climatique.

C’est la cas du film Waterworld (de Kévin Reynolds) qui montre les conséquences désastreuses possibles du réchauffement climatique et qui pourtant a nécessité la construction d’une île artificielle de 250 m de diamètre qui était remorquée chaque jour au large au milieu de l’océan par un remorqueur de 50 m de long !

On peut aussi citer le film Titanic (de Spielberg) qui a nécessité la construction d’un paquebot de plus de 230 mètres de long au Mexique, dans un bassin de 65 millions de litres d’eau.

La construction d’un hôpital a coûté 250 millions de dollars pour le tournage du film The Dark Night Rises (de Christopher Nolan) et ceci juste pour tourner la scène où il explose.

On pourrait citer encore beaucoup d’autres exemples…

D’autre part, les publicités en nombre considérable ainsi que la fabrication de produits dérivés, essentiellement fabriqués en Chine pour être importés en Europe, de surcroît la plupart du temps en matière plastique, sont d’autres sources de pollution.

Toutefois, certains organismes, sensibles à ces problèmes, financent des films dont l’empreinte carbone est réduite.

En 2004, Roland Emmerich, le réalisateur du Jour d’Après avait lui-même payé une organisation, Future of Forest, pour réussir à faire le premier film revendiqué “carbon neutral” : 200 000 dollars pour planter des arbres et compenser les 10 000 tonnes d’émissions de CO2.

Plus fort encore, Matrix Reloaded (de Lana Wachowski) a recyclé 97,5% de ses décors (11 000 tonnes), dont les deux tronçons d’autoroute construits spécialement pour le film ; Jurassic World (de Colin Trevorrow) a offert les centaines de plantes et d’arbres utilisés sur le tournage à un institut de La Nouvelle-Orléans.

De nos jours, dans les écoles de cinéma, les élèves sont de plus en plus sensibilisés à l’impact écologique des films.

Les nouvelles technologies (DVD et streaming) ont effectivement révolutionné la consommation de films, l’offre cinématographique disponible est ainsi devenue très vaste mais les techniques mises en place pour contrôler les consommateurs limitent la richesse et la diversité auxquelles nous pourrions accéder. La raison en est que le cinéma est désormais produit par des entreprises dont le but est d’accroître leur capital. La production des films tombe ainsi dans une démesure qui a des répercussions écologiques.

Les producteurs de films sauront-ils un jour concilier technologie, économie et écologie ? Cela est-il seulement possible ?


Sources :

  • BENGHOZI Pierre-Jean et SAUVAGET Daniel. CINÉMA (aspects généraux) L’industrie du cinéma. In encyclopédie Universalis [en ligne]. Encyclopaedia universalis, date inconnue [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : CINÉMA (Aspects généraux) – L’industrie du cinéma – Encyclopædia Universalis

  • BRIAND LOCU Marie. Le marché mondial du cinéma en plein essor [en ligne], 05/04/2018. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : Le marché mondial du cinéma en plein essor (la-croix.com)

  • CLIVIO Ines. Le cinéma (aussi) pollue la planète [en ligne], 25/11/2019. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : Le cinéma (aussi) pollue la planète | Les Echos Start

  • FRODON Jean-Michel. 2021, une année de cinéma en cinquante films et quatre événements. Slate FR [en ligne], 30/12/2021. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : http://www.slate.fr/story/221232/2021-une-annee-de-cinema-en-cinquante-films-et-quatre-evenements 

  • GARÇON François. ”Gomery Douglas, Hollywood, l’âge d’or des studios” In “Vingtième siècle, revue d’histoire” n°17, janvier-mars 1988, p. 149

Disponible sur :  Gomery Douglas, Hollywood, l’âge d’or des studios – Persée (persee.fr)

  • GARNIER Claire. Produits dérivés : Abysse Corp surfe sur l’engouement du grand public [en ligne], 03/06/2019. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : https://business.lesechos.fr/entrepreneurs/success-stories/0601319260002-produits-derives-abysse-corp-surfe-sur-l-engouement-du-grand-public-329639.php

  • GDOURA Khalil. Production cinématographique annuelle autour du monde 1996-2017 [en ligne], année 2019. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : Production cinématographique annuelle autour du Monde 1996-2017 – Tunelyz : Parole aux Chiffres

  • REKACEWICZ Philippe. Qui sont les plus gros producteurs de films [en ligne], année 2011. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : Qui sont les plus gros producteurs de films ?, par Kristian Feigelson (Les blogs du Diplo, 6 avril 2011) (mondediplo.net)

  • SILBER Nathalie. Le DVD fait évoluer le mode de consommation des films [en ligne], 02/01/2004. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : Le DVD fait évoluer le mode de consommation des films | Les Echos

  • TAYLOR Alex. Le streaming transforme-t-il l’art du cinéma en simple consommation ? [en ligne], 28/02/2021. [consulté le 17/02/2022].

Disponible sur : Le streaming transforme-t-il l’art du cinéma en simple consommation ? – BBC News Afrique


Commentaires :

  • C’est un article intéressant qui nous explique l’histoire du cinéma et son évolution.Les conséquence et l’algorithme sont très bien expliqué .

Romain Fortes