« Les espaces verts dans la ville: un enjeu vital pour ses habitants ? »

DEFINITION D’UN ESPACE VERT :

Dictionnaire : Ensemble des parcs et jardins d’une agglomération

 

Urbanisme : Un espace vert désigne, en urbanisme, tout espace d’agrément végétalisé. L’expression est généralement plutôt employée aux espaces publics ou semi-publics. Le mot sous-entend une situation en milieu urbain ou péri-urbain, en tout cas en milieu construit.

Comme il est précisé dans ces définitions, les espaces verts dans les villes sont les jardins, les bois, les pelouses et autres espaces couverts de végétation ouverts au grand public dans le périmètre urbain.

Cependant nous pensons que l’on ne doit pas oublier tout ce qui contribue à améliorer la qualité de la vie et le développement durable dans le respect de la biodiversité et qui existe au sein des villes : les arbres, isolés ou le long des axes routiers, les trottoirs enherbés ou fleuris, les mini-squares, les bancs publics, et bien sûr pour les villes concernées, les berges des fleuves, des rivières, des petits cours d’eau ou des lacs et étangs .

POURQUOI CES ESPACES VERTS CONSTITUENT-ILS UN ENJEU VITAL POUR LES CITADINS ?

Les espaces verts constituent un élément essentiel pour l’esthétique, le cadre et la qualité de vie d’une ville. Ils contribuent à aérer les cités et doivent être considérés comme les poumons de la ville.

Ils sont des lieux de détente, de promenade, de repos, de jeux pour les plus jeunes, de terrains de sport pour tous les âges. Ils ont également un impact important sur la santé comme l’ont montré de nombreuses études : ils créent « des oasis de meilleure santé autour d’eux » selon des travaux publiés dans le Journal of Epidemiology and Community Health.

Et surtout ces espaces verts s’inscrivent activement dans nos programmes politiques de protection environnementale.

 

 

 

Constat : les espaces verts oubliés dans les villes

Les villes modernes datent de la révolution industrielle. Le maître mot étant : le travail, aucune place n’était prévue pour les loisirs, la détente ou le sport donc aucun espace vert, ce qui aurait représenté de la place perdue pour l’industrie.

De plus, il est intéressant de constater qu’avant les années 90, la population citadine avait pour préoccupation principale de se loger. D’où la construction de barres d’immeubles énormes situées le long de voies à grande circulation ou de quartiers entiers d’immeubles de tous genres.

Dans ce type d’urbanisme, le mot d’ordre était la plus grande occupation possible des terrains constructibles.Tout comme à l’ère industrielle. Dans cette optique, pas de place pour les espaces verts, squares, terrains de jeux etc… ou alors noyés dans le béton . Mais avec le temps, comme c’est souvent le cas, les immeubles se sont dégradés, les habitants ont vieilli et le quartier s’est appauvri, engendrant la plupart du temps de gros problèmes de délinquance, de drogue etc…

Les gens désertaient des quartiers entiers devenus insalubres au fil du temps et invivables : un contexte social déplorable et souvent dangereux et un environnement qui confinait à la dépression : pas d’arbres, pas de pelouses, des terrains de jeux couverts de déjections. Aucun entretien paysager.

Manque de moyens financiers ?

Le délabrement urbain et la réhabilitation urbaine sont des questions essentielles du recyclage des bâtiments urbains. Le délabrement urbain vient du manque d’équilibre entre l’élargissement urbain et la réhabilitation urbaine. Lorsque la plus grande partie des investissements d’une ville concerne la construction d’immeubles neufs à la périphérie (= élargissement urbain), il ne reste plus assez de moyens financiers pour la rénovation ou le maintien en état dans le centre. Des signes de délabrement (façades délabrées, confort insuffisant des logements, vandalisme, logements et commerces inoccupés du fait de l’émigration des résidents etc.) apparaissent.

Les causes de ce déséquilibre peuvent être de nature politico-idéologique et/ou économique. Souvent les gens investissent dans des biens ou des fonds immobiliers en prévision de leur retraite. Les rentes et le profit y jouent un rôle central. Pour la réhabilitation urbaine, cela signifie que des travaux de rénovation ne sont entrepris que là où l’on peut tirer profit des immeubles. Des immeubles inoccupés dans des quartiers d’immigrants ou dans des quartiers habités principalement par des minorités ethniques sont d’une manière générale considérés comme peu attirants, ce qui fait que les investisseurs n’éprouvent pas le moindre intérêt à y entreprendre des mesures de rénovation.

Et encore moins à investir des fonds pour l’entretien paysager.

Dans un tel contexte , seule une politique gouvernementale axée sur l’urbanisme et la préservation environnementale peut engendrer un changement

1)Sur un plan psychologique le Besoin de verdure

La crise économique de 1990 a montré le besoin des Français de se réfugier dans ce que les sociologues appellent « les valeurs de recentrage ». En temps de crise, le jardin par exemple est une réponse à une recherche de sens et de lien social. Le jardin rassure.

Une expression issue du bon sens commun dit « quand on fait quelque chose avec ses deux mains, on a les deux pieds sur terre ». Je trouve que cette phrase dit tout sur notre besoin de créer, de faire soi-même, de se faire plaisir.

De plus en plus, les urbains éprouvent le besoin de verdure dans leur environnement quotidien : fleurs, carré de pelouse… Qu’est-ce que traduit cette volonté de vert en ville ? Pourquoi est-ce si important de posséder un petit bout de verdure ?

Pour s’échapper de son quotidien et se faire du bien. Chacun peut participer à sa façon à créer son propre environnement. Par ailleurs, les préoccupations alimentaires conscientes ou inconscientes amènent les citadins à vouloir avoir des plans de tomate et de persil y compris sur leurs rebords de fenêtre. Et quel bonheur de voir pousser quelque chose tous les jours. Le jardin, un bouquet de fleurs, un petit carré de pelouse apportent de l’émotion et cela permet de se ressourcer dans cette période si complexe

Depuis une vingtaine d’années, l’urbanisme a évolué et incorpore de plus en plus d’éléments « verts ».

Les architectes, designers et autres concepteurs ont tout d’abord suivi l’engouement des Français pour le jardin, et ils ont adapté leurs créations en conséquence. Et l’urbanisme végétal est arrivé un peu plus tard. Vendre un immeuble sans un environnement végétal est tout simplement inconcevable depuis quelques années. Il reste encore beaucoup à faire.

 

2)L’avenir de la planète : les enjeux environnementaux

 

De plus au niveau mondial une véritable politique d’enjeux environnementaux s’est mise en place. Nos dirigeants ont enfin pris conscience de l’importance de la nature pour l’avenir de l’espèce humaine.

Une telle démarche implique également des opportunités économiques.

Création d’emplois liés à l’entretien des espaces verts ou à leur mise en place. On constate même un phénomène passionnant : les villes ou régions qui ont investi soit dans des jardins soit dans des parcs, squares, lieux de promenade, de sport ou de détente voient leur population rester en ville aux périodes de vacances au lieu de partir ailleurs. Ce qui ouvre des opportunités économiques considérables pour un marché très ébranlé depuis quelques années. Commerces qui se développent par exemple.

 

1)Entretien du patrimoine existant

Ces espaces naturels sont souvent imbriqués dans la ville ou le tissu industriel ; c’est sans doute ce qui fait leur charme. Mais ce patrimoine reste fragile ; il est nécessaire de le révéler, de le mettre en valeur et de le faire durer.

La politique des espaces naturels sensibles appliquée aujourd’hui par tous les départements permet déjà de protéger et d’entretenir un certain nombre de ces milieux

En ville il s’agit souvent de reconquérir de nouveaux espaces de nature soit en entretenant des lieux déjà existants soit en réaménageant des sites délaissés ou vacants.

Dans certaines villes, les fleuves ou rivières, lacs ou étangs font partie intégrante de cette politique d’entretien ou de réaménagement des espaces verts et ceci à double titre : l’objectif est de préserver les réserves d’eau potable de notre territoire mais aussi d’assurer la protection de biodiversités liées à ces milieux particuliers .

Ainsi des programmes de protection des berges et des aménagements paysagers sont mis en place dans le respect des berges naturelles ainsi que de la richesse biologique existante.

D’autres villes implantent des ruches sur le toit des immeubles, recréent des jardins associatifs, financent l’implantation d’élevage de poules afin de recycler les déchets

2)Rôle des espaces verts

En remplissant des rôles multiples, les espaces verts peuvent être un outil de requalification des quartiers, et contribuer ainsi à la performance énergétique urbaine ainsi qu’à réduire les risques d’inondations ce qui devient un enjeu national ( voir les infos de déc janv et février 2014).

Trois grands rôles peuvent lui être attribués : urbanistique, social et environnemental. Ces trois grands rôles sont liés et leurs effets interagissent.

1.Rôle environnemental : Absorption des eaux de pluie : Les espaces végétalisés permettent de préserver des surfaces d’absorption en ville.

Ce rôle peut être à la fois considéré comme écologique et urbanistique puisqu’il permet à la fois l’ alimentation en eau des plantes et du sol et le désengorgement des réseaux

d’assainissement

2.Esthétique : Le premier rôle des espaces verts est d’embellir la ville. Les végétaux introduisent des nuances d’une grande sensibilité : jeux de lumières, couleurs (les verts dans toutes leurs nuances, le bleuté et le pourpre, mais aussi tout le nuancier des fleurissements, et la texture de chaque plante , fleur ou arbre. Le rôle esthétique est important pour la politique d’attractivité d’une ville touristique. Des concours officiels permettent aux communes de labelliser cette politique : le concours des villes et des villages fleuris.

 Renforcement de la lisibilité : Les espaces verts permettent de limiter les espaces. En remplissant des rôles multiples, les espaces verts peuvent être un outil de requalification des quartiers, et un acteur de la dynamique qui contribue à la performance énergétique urbaine, à réduire les risques d’inondations, à l’économie de l’entretien.

Absorption des eaux de pluie : Les espaces végétalisés permettent de préserver des surfaces d’absorption en ville.

Culture : les espaces verts ont une histoire, des courants qui reflètent l’esprit de leur  époque, comme le jardin à la française au temps du classicisme et le jardin à l’anglaise à l’époque romantique. Composer avec la nature en ville a longtemps été une pratique culturelle. (CERTU, 2001)

3. Pédagogique récréatif et sportif : des aires de jeux, des terrains de sport, des parcours de santé sont installés dans les parcs et les jardins publics ; Les espaces verts peuvent être le support de la découverte du monde végétal et animal : l’éveil des sens, le goût, l’odorat, le toucher peuvent ainsi être développés.

C’est le rôle par exemple des jardins botaniques. Et des concours officiels permettent aux communes et aux villes de labelliser cette politique : le concours des villes et des villages fleuris.

 

Pour conclure, les espaces verts permettent une meilleure lisibilité des villes.

Comme nous l’avons indiqué dans les parties précédents les espaces verts constituent un enjeu vital pour notre planète et pas seulement pour les villes.

Le rôle environnemental par exemple ne se limite pas à l’absorption des eaux de pluie : les espaces verts ont un rôle primordial d’épurateur de l’atmosphère :

Les végétaux fixent les poussières, produits goudronneux et huileux : ces produits très présents dans l’air urbain se déposent sur les feuillages et sont en partie lavés quand il pleut

Pour que cette action épuratrice soit efficace, il faut cependant que les végétaux ne soient pas surchargés, ce qui suppose un minimum d’espaces verts. L’accroissement des espaces verts fait donc partie intégrante de la lutte contre la pollution.

Les espaces verts sont comme l’avons dit le poumon des villes ,ils jouent une fonction de thermorégulation de l’air . L’atmosphère est favorable à la vie si elle contient une certaine teneur en vapeur d’eau. Les feuillages en émettent des quantités considérables. Cette émission s’accompagne d’absorption de chaleur, ce qui permet une baisse de température appréciable en période chaude. La baisse des températures entraîne des mouvements descendants qui compensent les mouvements ascendants de l’air dans les zones bâties. Ceci permet d’éviter, en l’absence de vent, que des masses d’air pollué se forment au dessus des villes.

Les espaces verts jouent également le rôle d’abris face à la chaleur ce qui est un atout non négligeable face à l’augmentation constante de la température de notre planète.

Par contre la ville est elle-même un frein à la végétalisation pourtant bénéfique. Les pollutions de l’air, du sol et de l’eau nuisent à la bonne santé des espaces verts. Lespoussières, les émissions sulfuriques (combustion) et nitriques (véhicules à moteur) et les autres émanations nocives urbaines participent à la dégradation générale du milieu urbain. Il est donc évident que les arbres en ville ne se trouvent pas dans un état de croissance normale et correspondant à leurs exigences naturelles. A l’intérieur du rôle environnemental, il convient d’insister sur le rôle écologique et fonctionnel des espaces verts .

Plus que tout autre considération , nous pensons que cet élément est déterminant pour le maintien ou la création d’espaces verts dans les milieux urbains quel qu’en soit le coût.

 

MICHEL Edgar , MOUGEY Clement

 

 

Bibliographie :

ALEXANDRA BRESSON ,(en ligne) .Les espaces verts, facteur de bien-être pour les urbains ;MIS À JOUR : 23-04-2013 18:19 /CRÉÉ : 23-04-2013 16:41 ,(consulter le 30/12/2013)

sur :http://www.metronews.fr/info/environnement-les-espaces-verts-facteur-de-bien-etre-dans-les-villes/mmdw!0qpc9Ts7Ms1uY

-BVA(en ligne).Le végétale dans les lieux public, 5 novembre 2013 (Consulté le 26 janvier 2014). Disponible sur :www.bva.fr/fr/sondages/le_vegetale_dans_les_lieux_publics.html

DREAL Rhône-Alpes. Nature en ville Rhône Alpes. ASCONIT Consultants. Parcourir, Juillet 2012

Emmanuel Boutefeu,(en ligne) chargé d’études au département environnement du CERTU de Lyon/La nature en ville : des enjeux paysagers et sociétaux/ Publié le 28/04/2007,(consulter le 20/01/2014)

sur :http://geoconfluences.ens-lyon.fr/doc/transv/paysage/PaysageViv.htm

-Jean François, Guet. ville désirable ou ville durables ? Quelle place pour les espaces verts (en ligne) metropolitique (consulter le 04 février 2014). Disponible sur : www.metropolitiques.eu/ville-désirable-ou-ville-durable.html

La Fondation pour l’Éducation à l’Environnement en Europe. 14 septembre 2011, Une gestion écologique des espaces verts(en ligne). Le pavillon bleu (consulter le 25 janvier 2014) disponible sur : www.pavillonbleu.org

Luis, Miranda. Maire de l’arrondissement Anjou. Ensemble pour une métropole durable !,2012, p.1-10

-Mathieu, Carler.(en ligne), les espaces verts augmente le bien être selon des chercheur britanique , 23 avril 2013, (consulter le 25 janvier 2014) disponible sur :www.huffingtonpost.fr/2013/04/22/espaces-verts-augmente-bien-etre_n3132342.html

Sandrine, Manusset.(en ligne)Impacts psycho-sociaux des espaces verts dans les espaces urbains.Développement durable et territoires Vol. 3, n° 3 ,Décembre 2012,(consulter le 27/01/2014) sur: http://developpementdurable.revues.org/9389#tocto2n1

Véronique Lelièvre/(en ligne)Enquête UNEP-IPSOS « Les espaces verts de demain, usages et attentes des Français« , mars 2008,(consulter le 01/02/2014)

sur:http://www.gestiondifferenciee.org/IMG/pdf/DP_Les_francais_et_les_espaces_verts.pdf

 

 

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7 réponses à « Les espaces verts dans la ville: un enjeu vital pour ses habitants ? »

  1. Yves-Ménager Aurore dit :

    Le texte est très bien écrit et aéré, donc très agréable à lire. Il y a également une densité d’information.
    Je relèverais par contre quelques défaut de mise en page (la police des titres, un ou deux retours à la ligne en milieu de phrase ) et je trouve que vous auriez pu « masquer » le plan (constat, conséquences, solutions ) en nommant les parties

  2. Salaun Benoit dit :

    Pour ma part, ce genre de thème se doit être illustrée par des photos.
    Mais sur l’information, il est bien réalisé, l’écrit et la pertinence de même.
    Bon Travail

  3. Tissier Julien dit :

    Un article intéressant, bien écrit, bien aéré et bien détaillé. L’image n’est pas assez visible. Mais dans l’ensemble cet un bon article.

  4. Regnaud Cyril dit :

    Ce blog est très complet, facile à comprendre et explicatif, il est vrai qu’aujourd’hui les espaces verts sont réduits à quelques « carrés d’herbes » mais nous devons suivre votre idée afin de maintenir « les petits coins de détentes » comme cité dans ce blog.
    Merci pour ce petit moment de détente lors de la lecture de votre blog!

  5. btsenil dit :

    FURTIN sebastien
    je trouve ce sujet très intéressant et d’actualité, pour ma part le blog est complet et explicatif une photographie aérienne montrant les peut d’espace vert dans une ville serai bien, bon travail

  6. Laurent Romain dit :

    Cet article nous informe très bien sur la nécessité de « cultiver » les espaces verts en ville. On comprends le besoin tant psychologique que physiologique des ces espaces qui se font rares, et c’est dommage. On se pose donc forcément des questions sur l’avenir : la qualité de l’air, de l’eau, et, tout simplement de notre vie futur. Good job guys

  7. Fritzinger sidney dit :

    Pour moi c’est claire , et bien expliqué . Le texte est bien espacé ce qui permet une meilleure lecture et plus de confort , pour ma part c’est très intéressant mais quelques photos ou illustrations en plus n’aurais pas été de refus , ce qui n’empêche de dire que vous avez réalisé un bon travail ! les liens biens choisi permettent de mieux comprendre le sujet , c’est bien !