Qualité de vie et développement urbain.

        La qualité de vie d’une population est un enjeu majeur en sciences économiques et en science politique. On utilise les notions d’utilité et de bien-être, elle est mesurée par de nombreux indicateurs socio-économiques.  Elle dépend dans une large partie de la capacité à acheter des biens et services (notion de pouvoir d’achat), mais aussi des situations dans les domaines de la liberté, du respect des droits de l’homme, du bonheur, de la santé. Le développement urbain ne passe pas uniquement par des projets prestigieux mais mobilise tout ce qui produit de la qualité de vie, tous les thèmes de la vie urbaine sont donc concernés, y compris le quotidien. Nous allons essayer de démontrer que l’on peut concilier qualité de vie et développement urbain. Dans un premier temps nous allons voir les différents critères de qualité de vie, quelles sont les villes ou il est agréable d’y vivre et pourquoi ? Puis, en quoi consiste le développement urbain et quelles améliorations du quotidien permet-il ? Et enfin nous verrons si le développement urbain permet une amélioration de la qualité de vie. 

        Nous pouvons prendre en compte différents aspects de la qualité de vie, les conditions de vie matérielles, les contraintes financières pesant sur les personnes, leur santé, leur niveau d’éducation, les conditions de travail, la participation à la vie publique, les contacts avec les autres, la sécurité économique et la sécurité physique et le bien être ressentit en ville.Par exemple, le niveau d’éducation joue sur la qualité de vie, au-delà de son effet sur les carrières professionnelles et les revenus futurs. Les contacts sociaux interviennent dans la qualité de vie directement, étant le plus souvent source de satisfaction, le ressentit dans la société est un point important de la qualité de vie car un individus qui ne se sent pas intégré dans une société peut difficilement se sentir heureux. Les travaux sur le bien-être soulignent aussi que l’incertitude vis-à-vis de leur situation économique future a un effet négatif sur la qualité de vie des personnes concernées (par exemple le stress), vivre dans l’anxiété ne peux que diminuer le ressentit de bien être. Le risque concerne théoriquement tous les facteurs pouvant conduire à une brusque perte de revenu ou de statut dans l’avenir, c’est-à-dire pour les personnes en emploi, la maladie, la maternité et le chômage, ou pour les actifs et les retraités et les incertitudes pesant sur les systèmes de retraite. 

Ainsi, l’attachement à certains lieux permet, comme pour cette habitante de longue date du quartier rencontrée jeudi par les chercheurs, de considérer comme « calme » une rue pourtant bien bruyante… Avoir ou non des enfants, être présent toute la journée dans le quartier ou seulement y revenir le soir, avoir un coin de verdure sous les yeux… Tous ces critères peuvent eux aussi modifier la perception de chaque habitant sur son environnement. « Quand on lance des projets de réaménagement urbain, il faut aussi faire attention aux critères plus subjectifs. Si on ne tient pas compte de l’attachement des gens, on peut faire des bêtises! » On remarque que les villes les mieux classées sont celle ou l’écologie est la plus présente.

http://airglaciers.blogspot.fr/2011_11_01_archive.html


S’il semble difficile de réunir tous les éléments pour une bonne qualité de vie en ville, des spécialistes ont pourtant décidé de les étudier pour aider à comprendre ce qui peut faire que nous apprécions ou non, notre quartier. 

         L’attractivité d’un territoire est loin de n’exister que par ce qui fait symbole, mais elle est fondée beaucoup sur ce qui donne envie de vivre là, ou de venir s’y installer. Le développement urbain en est un des vecteurs, qui ne passe pas que par des projets prestigieux mais mobilise tout ce qui produit de la qualité de vie. Tous les thèmes de la vie urbaine sont donc concernés, y compris le quotidien. Un des ressorts de l’attractivité est alors la valorisation des ressources propres, partant du fait qu’une ville, un territoire sont pour une grande part déjà existants, avec leur personnalité et leurs acteurs, qu’il convient de mobiliser autour d’un projet partagé.

Pourquoi une ville, un territoire devraient-ils évoluer ? Ne peut-on rester entre soi, arrêter le mouvement, se contenter de ce que l’on a ?

Il existe de nombreux échanges entre les territoires, mais si un déséquilibre existe entre eux, faute d’intervention, il s’accentuera. Et s’il y a manque d’activités ici, il y a alors moins d’emplois, l’on va donc en chercher ailleurs.

De même si l’habitat se dégrade et ne correspond plus aux demandes actuelles, une part de la population s’en va pour habiter plus loin. Se concentrent alors les populations captives, mettant en cause la mixité et accentuant les difficultés sociales. La population et les activités diminuant, les recettes baissent tandis que les problèmes à résoudre augmentent. Qu’en est-il alors des investissements publics nécessaires en termes de services urbains, de déplacements, de vie culturelle, d’éducation, de loisirs ? Comment faire face aux nombreuses friches qui ne constituent pas tant des opportunités que des charges en plus, quand le secteur privé se révèle bien peu présent dans un tel contexte ? Comment résoudre des problèmes urbains, des inégalités grandissantes avec des moyens de plus en plus faibles? Et la qualité de la vie citadine diminuant au regard de l’offre que d’autres territoires apportent, les activités économiques susceptibles de s’implanter vont plutôt ailleurs.

Le développement urbain entraîne une amélioration du quotidien, nous allons voir comment les villes le mettent en place pour améliorer la qualité de vie.

       De nombreuses villes européennes sont en train de changer, selon un nouveau rapport qui souligne de rapides transformations dans les transports urbains. Néanmoins, alors que le vélo et des transports publics performants deviennent la norme dans certaines zones urbaines, le secteur Européen des transports reste l’un des principaux responsables de niveaux excessifs de gaz à effet de serre, de pollution de l’air et de bruit.

http://www.eea.europa.eu/fr/pressroom/newsreleases/des-villes-innovatrices-pratiquent-le

 

Le transport urbain a un effet marqué sur la qualité de vie pour les trois quarts des Européens vivant en ville. Le transport routier est l’une des principales sources de pollution de l’air en ville, ce qui conduit une forte proportion de la population à être exposée à des niveaux de polluants supérieurs aux normes de l’UE et de l’Organisation mondiale de la Santé. La gravité de cette situation a été soulignée en octobre dernier quand l’ONU a classé la pollution de l’ai extérieur comme cancérigène.

Les bruits de circulation sont également un problème de santé majeur dans de nombreuses villes. Plus d’un quart des habitants de Sofia, Luxembourg, Paris et Tallinn sont exposés à un niveaux de bruit de trafic nocturne au-delà des limites de l’OMS, selon les données publiées dans le rapport et qui concernent les 17 capitales européennes. La qualité de vie est également affectée par les temps de déplacement. Les « navetteurs » à Londres et à Budapest sont susceptibles de voyager plus d’une heure pour aller au travail. Beaucoup de villes ont réussi à améliorer l’environnement urbain en abordant le problème sous deux aspects simultanément — encourager les gens à passer à des modes de transport non motorisés et aux transports publics, tout en limitant l’usage de la voiture. Malgré une opposition initiale, ces systèmes deviennent souvent très populaire auprès des résidents. Le rapport fait valoir que ces exemples positifs devraient encourager les municipalités à reproduire ces politiques ailleurs.Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE, a déclaré: « De nombreuses villes appliquent des idées novatrices qui vont faire passer le système de transport basé sur la voiture pour une idée appartenant au siècle dernier. Vivre en ville ne signifie pas nécessairement air pollué, congestion, bruit et longs temps de transport. De nouvelles idées dans les transports urbains sont en train de rendre de nombreuses villes plus saines et plus agréables à vivre»

   

    La plupart des villes font des efforts sur la qualité de vie, car c’est un thème qu’il devient impératif d’étudier et d’améliorer pour le bien être des citoyens, pour se faire, les villes améliorent les nombreux critères vus si dessus grâce au développement urbain. Le développement des espaces vert en ville, l’utilisation des transports en commun, du vélo ou alors la construction de nouveaux bâtiments tel que les cinémas par exemples permettent d’améliorer la sensation de bien être des habitants et donc d’améliorer la qualité de vie. Le développement urbain et la qualité de vie sont donc indissociables l’un de l’autre car toutes améliorations urbaines entraîne une hausse du sentiment de bien être et donc de la qualité de vie.

BIBLIOGRAPHIE

1 – Albouy Valérie, Godefroy Pascal, Lollivier Stefan. Mesure de la qualité de vie. Insee (En ligne).

Disponible sur : http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/FPORSOC10E.pdf

 

2 – Bruynindex Hans. Agence Européenne pour l’environnement. Des villes innovatrices pratiquent le transport autrement (En ligne).Disponible sur: http://www.eea.europa.eu/fr/pressroom/newsreleases/des-villes-innovatrices-pratiquent-le

 

3 – Charbonneau JP. Idées reçues et lieux commun, la ville est mauvaise. Le 7 Février 2014.

Disponible sur : http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-charbonneau/070214/idees-recues-et-lieux-communs-la-ville-est-mauvaise

 

4 – Charbonneau JP. Développement urbain, attractivité et vie démocratique locale( En ligne). Disponible sur: http://www.jpcharbonneau-urbaniste.com/index.php/articles/textes-divers/developpement-urbain-attractivite-et-vie-democratique-locale/

 

5 – Piquet Caroline. Qu’est ce qui fait la qualité de vie en ville ? L’absence de bruit, de pollution, mais pas seulement. Le 10 Octobre 2013. MyTF1News(En ligne). Consulté le 12/01/14.

Disponible sur : http://lci.tf1.fr/science/environnement/qu-est-ce-qui-fait-la-qualite-de-vie-en-ville-l-absence-de-bruit-de-8288851.html

 

6 – Senecal Gille. Aspect et mesure de la qualité de vie : Évolution et renouvellement des tableaux de bords métropolitains.

Disponible sur : http://interventionseconomiques.revues.org/474

 

7 – Thierry Paquot. Ville et nature un rendez vous manqué. Mars 2004. Diogène N°207 p83-94.

Disponible sur : http://www.cairn.info/revue-diogene-2004-3-page-83.htm

 

8 – Paris 29eme pour la qualité de vie en ville, Vienne n°1. Le Parisien. Le 4 décembre 2012.

Disponible sur : http://www.leparisien.fr/societe/paris-29e-ville-pour-la-qualite-de-vie-vienne-n-1-04-12-2012-2377075.php

 

9 – Zurich sur le podium. Le Monde(En ligne). Le 30 novembre 2011.

Disponible sur : http://airglaciers.blogspot.fr/2011_11_01_archive.html

 

10 – Flash Eurobaromètre. Enquête d’opinion sur la qualité de la vie dans 75 villes européennes. Mars 2010 Disponible sur : http://ec.europa.eu/regional_policy/sources/docgener/studies/pdf/urban/survey2009_fr.pdf

Antao A. Maitre A.



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2 réponses à Qualité de vie et développement urbain.

  1. Mougey Clément dit :

    Un bon sujet que vous avez su traiter avec brio, un bon blog qui nous permet de comprendre des points complexe sur se sujet qui pour moi m’était inconnu, comme par exemple le fait de savoir que les villes sont tous de même obliger de se développer malgré cette période de crise. Bon travail.

  2. BEDOUET Kévin dit :

    Cet article nous montre parfaitement la complémentarité du développement urbain avec notre qualité de vie.
    votre blog est très intéressant, claire et ordonné.
    Peut être que vous auriez pus mettre des titres pour délimiter vos parties, mais cela n’empêche pas au fait que vous avez rédigés un article de qualité.